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Les inégalités entre riches et pauvres au plus haut depuis 30 ans

Les 10% les plus riches de la population ont un revenu 9,6 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres.

Les 10% les plus riches de la population ont un revenu 9,6 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres. - Jorge Guerrero - AFP

L'écart entre riches et pauvres n'a jamais été aussi grand dans la plupart des pays de l'OCDE, selon les données publiées jeudi par l'organisation. Le phénomène aurait également de graves effets sur la croissance.

Les chiffres font froid dans le dos. Les inégalités entre riches et pauvres ont en effet atteint des niveaux record dans la plupart des pays de l'OCDE et restent plus élevées encore dans beaucoup d'économies émergentes, selon un rapport de l'organisation publié jeudi.

Aujourd'hui, dans la zone OCDE qui regroupe 34 pays, les 10% les plus riches de la population ont ainsi un revenu 9,6 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, alors que la proportion était de 7,1 fois dans les années 1980 et 9,1 fois dans les années 2000.

Les inégalités sont encore plus criantes en termes de patrimoine, souligne le rapport. "Nous avons atteint un point critique. Les inégalités dans les pays de l'OCDE n'ont jamais été aussi élevées depuis que nous les mesurons", a déclaré le Secrétaire général de l'organisation, Angel Gurría, en présentant le rapport, à Paris, au côté de Marianne Thyssen, Commissaire européenne à l'emploi.

4,7% de croissance en moins en 20 ans

"En ne s'attaquant pas au problème des inégalités, les gouvernements affaiblissent le tissu social dans leur pays et compromettent leur croissance économique à long terme", a-t-il ajouté. On estime que la montée des inégalités, entre 1985 et 2005, dans les 19 pays de l'OCDE analysés, a amputé la croissance de 4,7 points de pourcentage en cumulé entre 1990 et 2010.

Pour réduire les inégalités et stimuler la croissance, l'OCDE recommande aux gouvernements de promouvoir l'égalité entre hommes et femmes en matière d'emploi, d'élargir l'accès à des emplois plus stables et d'encourager les investissements dans l'éducation et la formation tout au long de la vie active.

Entre 1995 et 2013, plus de la moitié des emplois créés dans les pays de l'OCDE étaient à temps partiel, sous contrat à durée déterminée ou relevaient de travailleurs indépendants. Plus de la moitié des emplois temporaires étaient occupés par des moins de 30 ans.

L'impôt, un moyen efficace pour réduire les inégalités

Quant aux femmes, leur probabilité d'occuper un emploi rémunéré est inférieure de 16% à celle des hommes et leurs rémunérations restent inférieures de 15% à celles des hommes.

Les inégalités dans les pays de l'OCDE sont le plus marquées au Chili, au Mexique, en Turquie, aux Etats-Unis et en Israël, et le moins au Danemark, en Slovénie, en République slovaque et en Norvège. Elles sont plus importantes encore dans les grandes économies émergentes mais se sont réduites dans de nombreux pays, notamment au Brésil, souligne le rapport.

La redistribution par le biais de l'impôt est aussi un moyen efficace de réduire les inégalités, selon le rapport, qui relève que l'efficacité des mécanismes de redistribution s'est amoindrie dans de nombreux pays ces dernières décennies. Les politiques publiques doivent garantir que les plus riches, mais aussi les entreprises multinationales, paient leur part de la charge fiscale, souligne enfin l'organisation.

Y.D. avec AFP