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Les Français pourraient facilement s'imposer en Chine

Jean-Pierre Raffarin, fondateur du Comité France-Chine, déplore le manque d'intérêt réciproque entre Paris et Pékin, qui a profité à l'Allemagne.

Jean-Pierre Raffarin, fondateur du Comité France-Chine, déplore le manque d'intérêt réciproque entre Paris et Pékin, qui a profité à l'Allemagne. - -

La Chine a renouvelé ses instances dirigeantes, mais le système politique chinois intéressent encore peu les entreprises françaises. Une méconnaissance que déplore Jean-Pierre Raffarin. Et pourtant, la culture française peut être un avantage.

Fin novembre, le Congrès du Parti Communiste chinois a nommé les futurs dirigeants chinois. Mais les ressorts politiques de la nouvelle puissance restent bien souvent méconnus des investisseurs français. Un manque d’intérêt que déplorait déjà Jean-Pierre Raffarin, membre fondateur du comité France-Chine, lors du Congrès.

La méconnaissance française du marché et de la politique chinoise a laissé le champ libre à nos voisins allemands. La Chine, négligée, a préféré s’intéresser à l’Allemagne, constate le sénateur de la Vienne. "Ils connaissent mieux l’Allemagne que la France. […] Mme Merkel a assumé, en Chine, le leadership de l’Europe", explique Jean-Pierre Raffarin, interrogé par BFM Business.

"Au fond, les Chinois aiment les Français pour la culture et parce qu’ils sont romantiques, et les Allemands pour leurs turbines ou leurs voitures", poursuit-il laconiquement. Et vue l’importance du marché économique chinois en pleine expansion, il devient urgent de réagir pour les entreprises françaises.

Les Français sont "comme des poissons dans l'eau"

Pour rapprocher Pékin de Paris plutôt que de Berlin, un important chantier de communication s’annonce. Jean-Pierre Raffarin résume, non sans humour, que "le grand enjeu c’est de montrer qu’on a des proximités culturelles avec cette civilisation chinoise, que l’on sait la respecter, et que ce n’est pas parce qu’on est romantique qu’on ne peut pas vendre de voitures !"

Une proximité culturelle pour valoriser la production industrielle, Hugues Souparis, président d'Hologram Industries, l'a bien compris. "Nos commerciaux savant s'adapter facilement aux différentes cultures, ils sont comme des poissons dans l'eau en Asie!", se félicitait le spécialiste des hologrammes de sécurité, sur BFM Business ce vendredi 7 décembre.

Pour lui, la concurrence allemande est déjà vaincue. "Quand on compare la capacité des Français à exporter des produits en Asie, on est meilleurs que les Américains, on est même meilleurs que les Allemands!", s'exclame-t-il.

Hologram Industries réalise 80% de son chiffre d'affaires à l'étranger. Et comme preuve des possibilités qu'offre le marché asiatique, l'entreprise française produit les hologrammes des passeports biométriques... pour le compte de la République de Chine.

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