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Les expatriés dans le Golfe: une véritable manne financière

100 milliards de dollars ont été envoyés par les expatriés dans les pays du Golfe l'année dernière.

100 milliards de dollars ont été envoyés par les expatriés dans les pays du Golfe l'année dernière. - Jung Yeon-Je - AFP

25 millions d'étrangers vivent dans les pays du Golfe. Et les sommes qu'ils envoient dans leur pays d'origine sont en augmentation constante.

Les expatriés peuvent rapporter gros. Les millions d'étrangers travaillant dans les monarchies pétrolières du Golfe ont envoyé 100 milliards de dollars en 2014 dans leurs pays d'origine, soit deux fois plus qu'en 2010, selon une étude économique publiée mardi 9 juin. 25 millions d'expatriés vivent dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) -Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Emirats arabes unis-, soit l'équivalent de la population locale.

Les sommes qu'ils envoient vers leurs pays d'origine sont en hausse constante, a souligné le directeur de la recherche économique au Centre koweïtien des finances (Markaz), Raghu Mandagoathur, dans ce rapport de l'institut CFA. L'argent envoyé représente 6,2% du PIB combiné des six pays du CCG, selon la même source. A titre de comparaison, les étrangers aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne envoient respectivement chez eux l'équivalent de 0,7% et 0,8% du PIB de ces pays.

44 milliards de dollars depuis l'Arabie saoudite

L'Arabie saoudite arrive en tête avec 44 milliards de dollars envoyés par les 10 millions d'étrangers qui y résident. Elle est suivie par les Emirats (29 milliards de dollars), le Koweït (12 milliards) et le Qatar (9,5 milliards), tandis que les transferts sont bien moindres depuis Oman et Bahreïn.

La majorité des expatriés dans le Golfe sont originaires d'Inde, d'Egypte, des Philippines, du Bangladesh, du Pakistan, d'Indonésie, du Sri Lanka ou encore du Yémen. L'étude explique le très haut niveau d'envoi d'argent depuis le Golfe par le fait que les pays du CCG imposent des restrictions fortes sur ce que les expatriés --qui n'ont aucun espoir d'obtenir la nationalité de ces pays-- peuvent y posséder ou investir.

Le rapport appelle donc les Etats du CCG à lancer des services spécialisés et à ouvrir leurs marchés aux résidents étrangers, notamment l'immobilier, afin qu'ils investissent leurs économies dans le Golfe.

D. L. avec AFP