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Les Etats-Unis évitent de justesse un nouveau "shutdown"

Républicains et Démocrates se sont opposés, notamment, sur la mesure de déréglementation financière.

Républicains et Démocrates se sont opposés, notamment, sur la mesure de déréglementation financière. - Alex Wong - AFP

L'Etat fédéral n'était financé que jusqu'à jeudi 11 décembre minuit. Le Congrès a voté, in extremis, la loi de finances.

Les Etats-Unis ont eu chaud. Le Congrès américain a évité in extremis, jeudi 11 décembre, une nouvelle paralysie des administrations fédérales. Alors que l'Etat fédéral n'était financé que jusqu'à jeudi minuit, la Chambre des représentants a adopté peu avant 22 heures locales une loi de finances valable jusqu'en septembre 2015. Le Sénat a jusqu'à samedi pour voter le texte en dernière lecture.

Mais le suspense a régné jusqu'aux dernières minutes du vote nocturne (219 voix contre 206), en raison de l'opposition du groupe démocrate, scandalisé par une mesure de déréglementation financière insérée subrepticement dans la gigantesque loi de finances.

En vertu de la grande réforme financière Dodd-Frank de 2010, les banques sont aujourd'hui forcées de séparer certaines de leurs transactions sur les produits dérivés (notamment les "credit default swaps", CDS) dans des entités distinctes, non assurées par l'institution qui assure les banques commerciales, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). C'est cette réglementation que l'article abroge, au bénéfice du secteur bancaire qui a publiquement soutenu l'initiative.

Déréglementation du financement électoral

La chef de la minorité démocrate, Nancy Pelosi, s'est dite "atterrée" et a voté contre, malgré un lobbying forcené de la Maison Blanche. Barack Obama lui-même a décroché son téléphone pour tenter de convaincre les démocrates que la loi était le meilleur compromis possible à ce stade. Il a dépêché son bras droit, Denis McDonough, au Capitole pour une confrontation tumultueuse avec le groupe démocrate dans la soirée.

Au total, 139 démocrates ont voté contre, soit deux sur trois. Un autre article controversé a suscité leur opposition. Il augmente de façon substantielle le plafond par cycle électoral des dons individuels aux partis politiques, une nouvelle étape de la déréglementation du financement électoral. Barack Obama promulguera la loi de finances ainsi amendée, a annoncé la Maison Blanche.

Malgré ce dénouement tendu, le Congrès semble avoir tourné la page des confrontations du type de celle qui avait conduit à la fermeture partielle des administrations fédérales pendant 16 jours, en octobre 2013. Dès le début des négociations cette année, les chefs parlementaires s'étaient engagés à ne plus provoquer de crise budgétaire. Au total, la loi, d'un montant de 1.014 milliards de dollars, finance la quasi-totalité du budget fédéral, de l'Agriculture à la Défense, jusqu'au 30 septembre 2015.

D. L. avec AFP