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Le retour de l’Amérique qui gagne

La crise qui s’éternise en Europe serait finie outre-Atlantique.

La crise qui s’éternise en Europe serait finie outre-Atlantique. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

François Hollande est arrivé aux Etats-Unis hier. Le pays est en train de retrouver son dynamisme économique. Le FMI prévoit une croissance de l’économie américaine de 2,8% en 2014 et 3% en 2015.

"America is back". La crise qui s’éternise en Europe serait finie outre-Atlantique. Le FMI prévoit une croissance de l’économie américaine de 2,8% en 2014 et 3% en 2015. Nous sommes en fait dans la reprise cyclique habituelle de l’économie américaine, et certains la trouvent moins forte que celle des cycles précédents.

Pourquoi leur économie va-t-elle mieux?

La croissance aux Etats-Unis sera de 2,8% cette année et devrait atteindre les 3% en 2015. Trois facteurs expliquent cette situation. D’abord, la reprise cyclique habituelle. Après la récession sévère de 2009, l’économie américaine a retrouvé ses forces.

Le chômage s’est traduit par une reconstitution des profits des entreprises qui ont de nouveau les moyens d’investir. Ensuite, la politique économique a soutenu l’activité. 

Les taux d’intérêt ont été maintenus à des niveaux très bas, la banque centrale a fourni des liquidités aux banques pour leur éviter la faillite, et le déficit budgétaire a été porté à des niveaux très largement supérieurs à ceux constatés en Europe. Il est encore de presque 6% du PIB. Enfin, le prix de l’énergie, qui est déterminant dans la croissance, a baissé grâce aux gaz de schiste.

Est-ce que tout est au beau fixe ?

A court terme, la situation est incontestablement très favorable. Néanmoins, de nombreux doutes se manifestent sur la capacité de l’économie américaine de retrouver une croissance durable élevée. Selon l’OCDE, les taux de croissance actuels sont dus au rattrapage d’après crise.

Mais la tendance de fond, qui dépend notamment de l’innovation, serait de 2% alors qu’il y a 20 ans elle était de 3%. L’Amérique est traditionnellement un pays d’entrepreneurs, de pionniers. Or certains soulignent que cette vision à long terme est en train de disparaître.

Quand le président Obama,dans son discours sur l’état de l’Union, met en avant le problème des inégalités, il souligne au passage que les dirigeants économiques actuels agissent à court terme avec des objectifs de gains très rapides.

Des problèmes sur la dette publique?

Les entreprises américaines ont du cash, des projets de robotisation de la production sont en train de se mettre en place mais cela se fait lentement, comme si les leaders avaient un doute sur l’opportunité de continuer à produire aux Etats-Unis.

En outre, la dette de l’Etat fédéral dépasse les 100% du PIB. La fin des années Clinton a montré que les Etats-Unis étaient capables d’un redressement rapide de leurs finances publiques. Mais ce n’est pas ce que l’on constate en ce moment.

Jean-Marc Daniel