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Lagarde dénonce les entraves des banques à la réforme du secteur

Christine Lagarde impute la lenteur de la réforme bancaire à "l'opposition acharnée" des établissements.

Christine Lagarde impute la lenteur de la réforme bancaire à "l'opposition acharnée" des établissements. - -

La directrice générale du Fonds monétaire international a dénoncé, mardi 27 mai, les obstacles mis par les banques à la réforme de leur secteur post-crise. De ce fait, elle n'est pas prête d'aboutir, selon Lagarde.

Christine Lagarde s'en prend aux établissements financiers. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a reproché ce mardi 27 mai aux banques d'avoir ralenti les réformes du secteur, ces mesures engagées pour sécuriser le système après la crise économique.

"La mauvaise nouvelle, c'est que les progrès sont encore trop lents et la ligne d'arrivée trop loin", a-t-elle déclaré lors d'une conférence à Londres consacrée au "capitalisme inclusif".

Elle a blâmé en partie "l'opposition acharnée du secteur" financier dans ces retards, ainsi que la complexité des processus et une certaine lassitude.

Le problème des établissements "trop importants pour faire faillite" – too big to fail, c'est-à-dire dont la faillite serait trop dangereuse en raison de leur taille- n'a pas été résolu, a-t-elle regretté.

Le profit à court terme aux dépens de la prudence

L'ex-ministre des Finances de Nicolas Sarkozy a aussi fustigé certains comportements du milieu, mentionnant les scandales du Libor, de l'Euribor, de la manipulation des changes, et autres. Affaires qui ont entachées la réputation du monde bancaire.

"Le comportement du secteur financier n'a pas fondamentalement changé dans un certain nombre de ses aspects depuis la crise. Des changements ont lieu mais ne sont pas assez profonds et importants. Le secteur continue de valoriser le profit à court terme aux dépens de la prudence à long-terme, les bonus d'aujourd'hui aux dépens des relations de demain", a-t-elle fait valoir.

Elle a également plaidé pour un renforcement des ressources et de l'indépendance des superviseurs chargés de réguler le secteur.

N.G. avec AFP