BFM Business

La BCE confirme des risques pour la croissance de l'Europe en 2013

Mario Draghi a montré le pessimisme de la BCE quant à l'évolution de la croissance européenne pour 2013

Mario Draghi a montré le pessimisme de la BCE quant à l'évolution de la croissance européenne pour 2013 - -

La Banque centrale européenne, a annoncé, ce jeudi 6 décembre, tabler au mieux sur une croissance de 0,3% pour 2013 pour la zone euro. Une importante révision de ses précédentes estimations.

Il n’y a pas eu de cadeau de Noël de la part de la Banque centrale européenne (BCE). L’institution, qui tenait ce jeudi 6 décembre sa dernière conférence mensuelle de l’année 2012, n’a pas annoncé de nouvelle mesure de soutien à l’économie de la zone euro.

Elle a, en revanche, revu à la baisse ses prévisions de croissance et d’inflation pour la zone euro (voir encadré). Elle table désormais sur une croissance du PIB pour l’année 2013 comprise entre -0,9% et 0,3%. A titre de comparaison, la Commission européenne prévoit, elle, 0,1% sur la même période. Il s’agit donc de "perspectives faibles", Mario Draghi, le président de la BCE, en convient d’ailleurs lui-même.

La BCE n'est donc guère optimiste pour la zone euro. Elle note en ce sens la prédominance de "risques orientés à la baisse pour la croissance", dus à diverses incertitudes, dont la résolution de la crise de la dette souveraine en zone euro et les décisions de politiques budgétaires aux Etats-Unis.

Faut-il penser que la BCE pourrait dès lors prendre des mesures à partir de l’année prochaine? La question se pose. La plupart des analystes table sur une baisse des taux directeurs de l’institution européenne pour soutenir l’activité, au cours du premier trimestre 2013.

Et ce jeudi, Mario Draghi a donné quelques signes laissant penser qu’une telle option pourrait prochainement être prise.

Il a tout d’abord déclaré que la décision de maintenir le principal taux de refinancement inchangé à 0,75% a fait l’objet "d’une grande discussion", avant d’aboutir au consensus. Il suggère ainsi que cette décision n’a pas été unanime, au sein du conseil des gouverneurs de l’institution européenne. Des voix ont donc pu s'élever pour demander une baisse de ce taux.

Vers des taux de dépôts négatifs?

Ensuite, lors de la séance de questions aux journalistes, Mario Draghi a déclaré que "des signaux contradictoires" sur l’évolution de l’économie européenne, s’observent actuellement. "Certains sont à la baisse et d’autres à la hausse, et nous prendrons nos décisions en suivant l’évolution" des prochains indicateurs, a-t-il expliqué.

En réalité, Mario Draghi devrait surtout vérifier que l’activité en zone euro suit la trajectoire que la BCE prévoit. Car ce jeudi, le président de l’institution européenne, a confirmé que "dans le courant de 2013, l'activité économique devrait progressivement se redresser". Il estime que "un renforcement de la demande mondiale, notre politique monétaire accommodante et une confiance des marchés financiers sensiblement accrue" vont se "répercuter à travers l'économie".

Ainsi, si la situation économique peine trop à redémarrer, la BCE pourrait agir.

Mario Draghi a également indiqué que la BCE a envisagé la possibilité de proposer un taux de dépôt négatif aux banques de la zone euro, sans prendre de décision en ce sens. Un taux de dépôt négatif inciterait les banques à ne plus placer leurs liquidités au sein de la banque centrale européenne, ce qui pourrait avoir un effet positif sur le crédit. Cette mesure, si elle était prise à l’avenir, serait une grande première pour la BCE.

Enfin, la BCE a décidé de prolonger ses opération de refinancement illimité à destination des banques de la zone euro "au moins jusqu’au 9 juillet 2013".

Le titre de l'encadré ici

|||

Les nouvelles prévisions de la BCE (fourchettes)

> Croissance de la zone euro:

2012: de -0,6% à -0,4% (contre -0,6% à -0,2% auparavant)

2013: de -0,9% à 0,3%  (contre -0,4 à 1,4% auparavant)

2014 : de 0,2 à 2,2%

> Inflation de la zone euro :

2012: 2,5%

2013: de 1,1 et 2,1%

2014: de 0,6 et 2,2%

Julien Marion