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La Banque du Japon en marche vers la guerre des monnaies ?

Haruhiko Kuroda, actuel président de la Banque asiatique de développement, est favorable à un relèvement de l'objectif d'inflation

Haruhiko Kuroda, actuel président de la Banque asiatique de développement, est favorable à un relèvement de l'objectif d'inflation - -

La BoJ, la Banque centrale japonaise, va se doter d’un nouveau gouverneur, proposé par le gouvernement : Haruhiko Kuroda. Il aura pour mission de sortir l’Archipel du cauchemar de la déflation.

La Banque centrale du Japon a trouvé son futur gouverneur. Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a proposé, jeudi 28 février, le nom de Haruhiko Kuroda à ses parlementaires. Il est l'actuel président de la Banque asiatique de développement.

Un profil qui correspond à la mission qui l'attend : défendre la politique monétaire prônée par le nouveau gouvernement, à savoir mettre un terme à vingt ans de déflation. C’est devenu l'objectif numéro un du gouvernement depuis l'arrivée au pouvoir de Shinzo Abe en décembre dernier.

Les 2% d'inflation seront difficiles à atteindre

Sur le papier, la Banque centrale du Japon est indépendante. Mais l'exécutif fait pression. Et le choix de Kuroda va précisément dans ce sens. Il est acquis à la politique monétaire voulue par le Premier ministre. Et cela depuis des années. En 2002 déjà, il appelait à un relèvement de l'objectif d'inflation à 3% pour l’Archipel.

Aujourd'hui la feuille de route est claire : parvenir par tous les moyens à une inflation de 2%. Un taux qui semble pour beaucoup difficile à atteindre. Le nouveau gouverneur va devoir aussi convaincre une partie de ses collègues au sein même de la banque. Tous ne sont pas partisans de la ligne dure de l'inflation à tout prix.

C'est surtout sur la scène internationale qu'il va devoir user de beaucoup de diplomatie. Le changement de politique monétaire du Japon, et sa principale conséquence : la forte baisse du yen, sont très mal perçus par les concurrents commerciaux du Japon.

Alors que le yen a perdu 15% de sa valeur face au dollar depuis fin 2012, l’Europe, les Etats-Unis et même certains pays d’Asie accusent Tokyo de faire de la dévaluation compétitive. C'est une possible nouvelle guerre des monnaies que le futur gouverneur devra éviter…

Le titre de l'encadré ici

|||La déflation est le gain du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix : c'est une inflation négative. L'inflation, elle, est la perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable de tous les prix. (Source: Insee)

Isabelle Gollentz