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L'Europe s'apprête à diminuer son aide alimentaire aux personnes démunies

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La Commission européenne veut mettre fin au programme d’aide alimentaire pour le remplacer par un mécanisme de solidarité doté de seulement 2,5 milliards d’euros sur 7 ans. Associations et politiques s’inquiètent des conséquences.

A l'approche du Conseil européen, qui se tiendra les 7 et 8 février prochains, les associations d’aide aux plus démunis tirent la sonnette d'alarme. Elles appellent les politiques français à faire pression sur l'Europe pour qu'elle maintienne le programme d'aide alimentaire aux personnes démunies (PEAD). Celui-ci, grâce à sa dotation de 500 millions par an, vient en aide chaque année à 18 millions d'Européens.

Un chiffre qui sera impossible à maintenir avec le Fonds européen d'aide aux plus démunis qui devrait voir le jour en 2014 : il ne sera pourvu que de 2,5 milliards d’euros sur les 7 ans.

"Nous n’aurions pas les moyens de poursuivre notre action si cette aide venait à disparaître ou à être diminuée", s’inquiète Olivier Berthe, président des restos du cœur. Après les dons des particuliers, les subventions européennes constituent sa deuxième source de revenus. La PEAD subventionne 23 % des repas servis. 

Convaincre l'Allemagne

Les politiques, toutes tendances confondues, souhaitent la prolongation du programme d’aide alimentaire. "L’Europe a été aussi construite pour permettre à tous les européens de se nourrir, au lendemain de la guerre. Dans la crise, cette préoccupation est toujours à l’ordre du jour", explique Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale.

Mais c’est surtout l’Allemagne qu’il va falloir convaincre du bien-fondé de cette aide. En 2011, elle avait déjà œuvré pour sa suppression, estimant que le dispositif, financé au départ par les excédents agricoles, ne tenait plus. Des arguments que la Cour européenne de Justice avait retenu.

Mais face à la fronde de plusieurs pays, l’Union européenne avait convenu du maintien provisoire de la PEAD, jusqu’à 2014. Reste à savoir si un second sursis sera accordé.

BFMbusiness.com (texte) et Jérémie Trottin (vidéo)