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L'Argentine s’organise pour payer ses créanciers

Cristina Kirchner, présidente de l'Argentine, va proposer à ses créanciers privés d'être remboursés en passant par la place financière de Buenos Aires.

Cristina Kirchner, présidente de l'Argentine, va proposer à ses créanciers privés d'être remboursés en passant par la place financière de Buenos Aires. - Noberto Duarte - AFP

Les remboursements de dette transitant par les Etats-Unis étant bloqués par la justice américaine, la présidente Cristina Kirchner va désormais proposer de rembourser ses créanciers privés à Buenos Aires.

L’Argentine change de stratégie afin de régler ses créanciers. Le gouvernement a envoyé au Congrès, mardi 19 août, un projet de loi qui prévoit de passer le versement des échéances de la dette de la place financière de New York à celle de Buenos Aires. Si le projet de loi est adopté, la prochaine échéance de la dette, de 200 millions de dollars, sera payée le 30 septembre aux créanciers par le biais de Banco Nacion.

"Pour sauvegarder le versement aux créanciers qui ont accepté les restructurations de dette de 2005 et 2010, (la banque publique) Banco Nacion a été désignée en remplacement de Bank of New York Mellon, sans préjuger de ce que décideront les détenteurs de bons. "C'est une mesure basée sur le volontariat", a déclaré la présidente argentine.

"Les détenteurs de bons pourront choisir de changer volontairement leurs titres libellés à l'étranger pour des titres émis selon la législation argentine", a-t-elle ajouté lors d'une allocution radio-télévisée depuis le palais présidentiel.

L'Argentine a versé 3 milliards de dollars la semaine dernière

Le dernier remboursement de dette argentine aux créanciers privés, 539 millions de dollars, est bloqué depuis le 26 juin sur un compte de Bank of New York, sur décision du juge américain Thomas Griesa.

L'Argentine a été condamnée par la justice américaine à verser 1,3 milliard de dollars à des fonds "vautours" détenant moins d'un pour cent de la dette mais elle s'y refuse, avançant que l'application du jugement ferait s'écrouler la restructuration de la dette acceptée par 93% des créanciers.

Pour obtenir un allègement considérable de sa dette publique après la crise économique de 2001 (un rabais d'environ 70%), Buenos Aires avait proposé à ses créanciers d'effectuer le versement des échéances de la dette sur des comptes aux Etats-Unis, en guise de garantie.

Le conflit entre l'Argentine et une poignée de fonds "vautours" conduits par NML Capital et Aurelius Management dure depuis des années. La victoire judiciaire des fonds spéculatifs, confirmée par la Cour suprême des Etats-Unis, a été suivie d'une phase de négociation à New York qui a avorté.

Des banques argentines, puis internationales, ont ensuite essayé de racheter les créances aux fonds "vautours", sans plus de succès. Déclarée en "défaut de paiement partiel" par les agences de notation Standard and Poor's et Moody's, l'Argentine nie cette qualification.

Cherchant à démontrer sa solvabilité et sa volonté d'honorer ses dettes, l'Argentine a versé la semaine dernière 3 milliards de dollars à la Banque mondiale et à la Banque interaméricaine de développement.

C.C. avec AFP