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L'Allemagne a peur pour son or

L'Angleterre possède plus de 10% du stock d'or allemand.

L'Angleterre possède plus de 10% du stock d'or allemand. - -

Elle possède le deuxième plus gros stock d'or du monde, mais en partage la garde avec trois autres pays. Crise aidant, l'Allemagne commence à évoquer le rapatriement de ses économies.

En ces temps de crise, mieux vaut garder près de soi ses bas de laine. C’est ce qu’a dû se dire la Cour des comptes allemande lorsqu’elle a décidé de vérifier l’intégrité de ses stocks d’or, le deuxième plus important au monde avec 3.400 tonnes. L’originalité de la chose est qu’une bonne partie de cet or n’est pas stockée en Allemagne.

C’est un reliquat de la guerre froide : afin d’éviter que la réserve allemande ne tombe malencontreusement aux mains des communistes, elle a été éloignée et divisée en trois parties. Aujourd’hui, selon les informations du Figaro citées par France Info, 1.536 tonnes dorment à New York, 450 tonnes sont entreposées à Londres et 374 à Paris.

Stocké entre des nappes phréatiques

La crise faisant ressurgir les craintes, la Cour des comptes a entrepris de vérifier les volumes d’or déposés chez ses partenaires. Le stock est évalué, au cours actuel, entre 143 et 200 milliards de dollars. "Il n’y a aucun doute sur l’intégrité des dépôts étrangers", a fait savoir la Bundesbank à la Cour. Elle a aussi ajouté que le fait d’en douter pouvait avoir des implications politiques délicates…

La Banque de France a voulu elle aussi rassurer tout le monde en expliquant que les stocks étaient extrêmement bien gardés. Tellement bien qu’ils sont même entreposés dans un coffre situé entre des nappes phréatiques, rendant un accès par tunnel relativement périlleux, ainsi que le rapporte France Info.

Signe de défiance envers l'euro

Pourtant, deux députés du parti conservateur d’Angela Merkel ont déposé une demande officielle pour visiter ces stocks… et se sont vus opposer un refus catégorique de la Banque de France. Signe de défiance majeure envers l’euro, certains responsables politiques et des médias allemands se sont inquiétés en 2011 du recours à ces réserves pour financer le fonds de sauvetage de la zone euro (FESF).

Depuis quelques semaines, la peur que les dessous de matelas allemands n’échappent à leurs propriétaires s’est peu à peu répandue et des courants demandent maintenant son rapatriement, dans le paysage politique comme sur Internet.

Le Huffington Post appelle carrément "psychose collective" cette peur de perdre les précieuses économies de la nation, il croit y lire la certitude, et même l’impatience, de la chute de l’euro.