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Jean-Louis Etienne dévoile le Polar Pod, un navire vertical pour étudier les secrets de l’Antarctique

Jean-Louis Etienne prépare un un mission d'exploration titanesque. Il fait bâtir le Polar Pod, un navire vertical pour étudier les conséquences du changement climatique sur l'antarctique et donc sur la planète.

La conquête spatiale vise à explorer des planètes inconnues, mais le fonds de l'océan antarctique reste un mystère. Pour l'explorer, Jean-Louis Etienne, médecin et explorateur, va utiliser non pas un sous-marin mais un navire futuriste.

Le Polar Pod - le nom du projet- est un bateau vertical conçu par le bureau d'ingénierie et architecture navale SHIP ST à Lorient (Morbihan), pour étudier les signes des changements climatiques dans ces eaux profondes. Sa construction démarrera en 2022 pour prendre la mer en 2023.

On est un peu comme la station spatiale. On sera en orbite autour de l'Antarctique. Il y aura même une navette pour ravitailler et faire la relève d’équipage tous les deux mois", dévoile Jean-Louis Etienne.
Le Polar Pod mesure 80 m de long, sur 20 de haut
Le Polar Pod mesure 80 m de long, sur 20 de haut © Polar Pod

Un navire vertical

Long de 80 mètres sur 20 mètres de haut, ce bâtiment de 1000 tonnes bascule par ballastage ne laissant flotter à la surface qu'un mât équipé de six éoliennes. Le Polar Pod se déplace non pas avec un moteur mais avec les courants. Pour atteindre sa destination, il sera tracté par un navire classique.

Sa vitesse de pointe du Polar Pod est de 1,5 km/h. Parfaitement silencieux, il est équipé de systèmes pour enregistrer le son du fond des mers et de micros caméras pour ramener des images d'un monde inexploré. Sa zone d'étude se situe entre 50 et 55° de latitude Sud, baptisée par les marins les "cinquantièmes hurlants".

Parfaitement silencieux, il est équipé de systèmes pour enregistrer le son du fond des mers et de micros caméras pour ramener des images d'un monde inexploré
Parfaitement silencieux, il est équipé de systèmes pour enregistrer le son du fond des mers et de micros caméras pour ramener des images d'un monde inexploré © Polar Pod
C'est une prouesse technologique afin d'étudier cet océan autour de l'Antarctique. Ce type de vaisseau est la meilleure solution, explique sur BFM Business, Jean-Louis Etienne. Il va être pris dans les eaux profondes, c'est ce qui lui donne sa stabilité".

Un projet avec le CNRS, le Cnes et l'Ifremer

Si le projet semble être une performance technologique, c'est avant tout "une attente de la communauté scientifique", indique l'explorateur. L'expédition est portée par Jean-Louis Étienne avec un groupe de scientifiques, sous la coordination d'un comité directeur associant le CNRS, le Cnes et l'Ifremer.

On a besoin de s'installer sur cette océan pour une longue durée, précise Jean-Louis Etienne. C'est le principal puit de carbone océanique de la planète. Il absorbe la moitié du gaz carbonique de la planète qui se dissous dans les eaux froides. On veut connaitre la performance de cet océan qui, s'il se réchauffe absorbera moins de CO2."

Avant d'explorer l'Antarctique, le scientifique est à la recherche de fonds pour financer ce projet. Son coût est estimé à quelques dizaines de millions d'euros réparti à environ 50/50 entre la construction du Polar Pod et le financement de l'expédition.

Je me présente comme un entrepreneur d'expédition lointaine, dit Jean-Louis Etienne. Car quand on parle d'expédition, on ne voit que la partie émergée de l'iceberg. Au-dessous il y a une construction très entrepreneuriale".

Douze pays sont partenaires de ce projet, dont la France qui finance la construction du navire avec pour maître d'ouvrage l'Ifremer. Reste à financer l'expédition qui durera trois ans. Pour réunir ces fonds, le scientifique approche les professionnels de l'énergie, des fonds d'investissements impliqués dans les problématique scientifiques et climatiques et des compagnies d'assurance.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco