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Immigration: "sur le très long terme, il n'y a aucun doute que c'est bénéfique économiquement"

Daniel Cohen, économiste français, professeur à l’Ecole normale supérieure, était l'invité de BFMTV-RMC ce 7 septembre. Il a parlé de son livre "Le monde est clos et le désir infini" et est revenu sur différentes questions de société.

Daniel Cohen, économiste, était l'invité de BFMTV-RMC ce 7 septembre. Il est l'auteur de "Le monde est clos et le désir infini" (aux éditions Albin Michel), sorti la semaine dernière. Il est également directeur du département d'économie de l'école normale supérieure et directeur du centre de la recherche économique et ses applications.

Sur l'immigration

Pour Daniel Cohen, économiste, les flux d'immigration tels que l'Europe en connait en ce moment ne sont pas une menace. "Sur le très long terme, il n'y a aucun doute que c'est bénéfique économiquement", explique-t-il. Il avoue que tout ceci à un coût, demande des efforts d'infrastructures, de scolarisation, … Mais que les pays peuvent en tirer des bénéfices.

En revanche, il s'inquiète du rôle de la France. "Le leadership de l'accueil est passé à l'Allemagne. La France a perdu son rôle de phare du monde en matière de liberté, de droit de l'homme, … Quelqu'un d'autre a pris le relai. Cela restera marqué dans l'histoire".

Sur les impôts

François Hollande, dans son allocution ce lundi, pourrait annoncer une baisse d'impôts de 2 milliards d'euros. "Cela n'est pas macroéconomiquement significatif. Mais ça l'est politiquement", estime Daniel Cohen. Il rappelle que tous les hommes politiques se servent du pouvoir d'achat comme d'une arme.

Sur la reprise

Pour Daniel Cohen, la reprise actuelle vient de la chute du prix des matières premières. "Si on regarde les 30 dernières années, on va de boom en krach. On ne connaîtra plus de fortes croissances", pense-t-il. "Mais dans les pays industrialisés, la force de croissance est plus faible qu'à l'âge industriel". Il rappelle que la croissance économique d'un pays comme la France ne cesse de baisser.

D'après lui, l'enjeu maintenant va être de trouver l'équilibre entre la forte croissance des pays qui se développent et les problèmes d'écologie qui en résultent, et la faible croissance des pays industrialisés et leur prise de conscience de l'appauvrissement de la planète.

Sur la numérisation

Pour Daniel Cohen, le monde vit une révolution: la numérisation. Mais selon lui cette numérisation de la société ne crée pas ce que l'électricité a créé. C'est le paradoxe.

"Au siècle dernier, le tout électrique a créé la production de masse, la consommation de masse. Le progrès technique et le travail humain étaient complémentaires. Aujourd'hui, la numérisation du monde veut dire que des logiciels remplacent des humains. Ils ne les rendent pas plus productifs. Ils prennent leur boulot. La numérisation se substitue. C'est le drame du monde contemporain".

Pour lui, ce qui sera essentiel demain c'est la santé, l'éducation et les logements. "Les logiciels ne pourront pas les produire. Il faut encore du travail humain".

D. L.