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Guerre des monnaies: la Chine dévalue fortement le yuan

La Banque centrale de Chine a annoncé une dévaluation importante du yuan ce mardi.

La Banque centrale de Chine a annoncé une dévaluation importante du yuan ce mardi. - Elyyo – WikimediaCommons - CC

La Chine, dont les exportations ont encore fortement chuté en juillet, a annoncé une dévaluation du yuan de 2% par rapport au dollar.

Le retour de la guerre des monnaies? La banque centrale de Chine (PBOC) a annoncé mardi avoir abaissé de presque 2% le taux de référence du yuan face au dollar, affirmant vouloir accorder un rôle accru au marché pour déterminer la valeur de la monnaie chinoise. L'institution a ramené à 6,2298 yuans pour un dollar, contre 6,1162 yuans lundi, ce taux-pivot autour duquel le renminbi, l'autre nom du yuan, est autorisé à fluctuer quotidiennement dans une fourchette de 2% de part et d'autre.

Cette fourchette avait été sensiblement élargie en mars 2014, mais les analystes spéculent sur un nouvel élargissement à venir, Pékin affichant sa volonté de renforcer ses efforts vers une "libre convertibilité" du renminbi. La réduction du taux de référence dévoilée mardi, d'une ampleur inédite selon l'agence Bloomberg et qui s'apparente de facto à une brusque dévaluation, ne devrait toutefois pas être répétée, a averti la PBOC.

En effet, cette soudaine baisse correspond à une nouvelle manière de déterminer le taux-pivot, pour laquelle la banque centrale prendra désormais "entièrement en compte" l'offre et la demande sur le marché des changes, ainsi que les niveaux les plus récents des devises étrangères, a expliqué la PBOC dans un communiqué. Le taux-pivot autour duquel le yuan fluctue serait ainsi en mesure de refléter plus fidèlement les différents mouvements et dynamiques du marché.

Le yuan, une monnaie de référence ?

Cette décision intervient quelques jours après l'annonce d'une nouvelle forte chute des exportations chinoises en juillet (-8,3% sur un an). La banque centrale avait observé par la suite que le renchérissement du yuan pesait sur le commerce extérieur du pays. De l'avis des analystes, le vif renforcement de la monnaie chinoise face à l'euro entrave effectivement les exportations du géant asiatique vers l'Union européenne (UE), son principal partenaire commercial.

Pékin, qui encourage activement une internationalisation accrue du renminbi, cherche par ailleurs à le faire intégrer au panier de devises de référence du Fonds monétaire international (FMI). Quatre devises (dollar, euro, livre et yen) entrent actuellement dans la composition des Droits de tirage spéciaux (DTS), l'unité de compte du FMI. Le conseil d'administration du Fonds, qui représente ses 188 Etats-membres, devrait prendre sa décision finale sur l'intégration du yuan en novembre.

Si "l'utilisation du renminbi à travers le globe s'est accrue un important travail reste à accomplir" pour déterminer s'il peut être inclus aux DTS, avait cependant averti la semaine dernière l'institution multilatérale. Le yuan "n'est plus sous-évalué" avait estimé le FMI en mai dernier -- contrairement à ce que continuent d'affirmer les Etats-Unis, qui reprochent régulièrement à la Chine de dévaluer artificiellement sa monnaie pour doper ses échanges commerciaux.

N.G. avec AFP