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Grèce: une élection présidentielle à haut risque

L'Europe craint une crise politique en Grèce pourrait raviver les tensions économiques dans le pays.

L'Europe craint une crise politique en Grèce pourrait raviver les tensions économiques dans le pays. - John Kolesidis - Reuters RET

Le Parlement grec votera pour le premier tour de l'élection présidentielle ce 17 décembre. Ce scrutin en trois tours fait peur au Premier ministre mais aussi à l'Europe et aux marchés. Voici pourquoi.

La Grèce fait à nouveau peur à ses partenaires européens. Non pas en raison de sa situation financière (en tout cas pas encore), mais à cause de l'organisation potentielle d'élections législatives anticipées, qui pourraient provoquer une série de réactions en chaîne.

A la surprise générale, le gouvernement a annoncé la semaine dernière que l'élection présidentielle qui devait se tenir en février dans le pays aura finalement lieu cette semaine. En Grèce, c'est le Parlement qui élit le président, à l'occasion d'un vote en trois tours. Le premier tour aura lieu ce mercredi, et le dernier le 23 décembre.

La gauche radicale favorite en cas d'élections anticipées

Il faudra qu'au moins 180 députés se mettent d'accord pour qu'un nouveau président soit élu. Or le gouvernement de coalition droite-socialiste, dirigé par le Premier ministre conservateur Antonis Samaras, ne possède que 155 députés.

Si le Parlement échoue, Antonis Samaras devra dissoudre l'Assemblée et convoquer des élections législatives anticipées. Un suffrage à haut risque compte tenu du fait que le parti de la gauche radicale Syriza, favori dans les sondages, pourrait l'emporter.

Ce parti, selon le chef du gouvernement grec, pourrait mener le pays à sortir de la zone euro, avec des conséquences immédiates potentiellement très graves pour l'économie hellénique et les créanciers du pays endetté à plus de 175% de son PIB.

Les négociations avec la Troïka en suspens

Un des effets de ces élections législatives, si elles se tenaient, serait le retard de l'achèvement des négociations avec la troïka, ces représentants de l'Union européenne et du FMI qui ont prêté des sommes colossales à la Grèce au plus fort de la crise, en contrepartie de plans d'austérité drastiques dans le pays.

Ces négociations avec les créanciers sont déjà en suspens depuis plusieurs mois. Mais de leur finalisation dépend le versement d'une nouvelle tranche de liquidité de 7 milliards d'euros de la part de l'UE et FMI. Et selon le rapport daté d'octobre du FMI, Athènes aura besoin de 10 milliards d'euros en 2015.

Le ministre grec de l'Economie a prévenu que, si le président est élu par l'actuel gouvernement, la troïka retournera au pays le 10 janvier et l'accord serait conclu lors de l'Eurogroupe du 26 janvier. En revanche, des élections anticipées "prolongeraient l'incertitude", affecteraient les relations entre Athènes et ses créanciers UE et FMI ainsi que la politique économique en 2015, qui prévoit une croissance de 2,9%.

Nina Godart avec AFP