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Français et Américains en concurrence pour reprendre pied en Iran

Une partie des sanctions commerciales vis-à-vis de l'Iran a été levée en novembre dernier.

Une partie des sanctions commerciales vis-à-vis de l'Iran a été levée en novembre dernier. - -

Une délégation de grands patrons français est en Iran à partir de ce lundi 3 janvier et jusqu'à jeudi pour tenter de renouer des relations commerciales. Les entreprises américaines sont aussi à l'oeuvre.

Les Américains commencent-ils à craindre qu'un marché juteux leur passe sous le nez? Alors qu'une importante délégation de dirigeants français de grandes entreprises se rend, ce lundi 3 février, en Iran pour une visite de trois jours à l'initiative du Medef International, le Financial Times dans son édition du 2 février, explique que "les rumeurs vont bon train à Téhéran quant à des négociations entreprises par des compagnies américaines avec des officiels iraniens via leur représentants étrangers".

Il faut que dire que le nombre d'entreprises à avoir répondu à l'initiative lancée par le Medef est impressionnant. Presque tous les grands noms de l'industrie se sont déplacés: PSA, Renault, Total , Alstom, Thales ou encore l'européen Airbus Group. Manquent à l'appel les deux géants de l'énergie: Areva et EDF.

Cette visite fait suite à la levée partielle des sanctions commerciales à l'égard de Téhéran, décrétée le 24 novembre dernier, après l'accord dit "de Genève" conclu par l'Iran et le groupe 5+1 (France, Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne + Allemagne) sur le nucléaire.

Reprise de contact

Les entreprises françaises entendent ainsi renouer des liens avec un marché de près de 80 millions de consommateurs. Outre la France d'autres pays s'activent pour renouer des liens commerciaux. Le Financial Times cite l'Allemagne et les Pays-Bas.

En 2011, l'Iran représentait ainsi 450.000 véhicules vendus pour PSA soit son deuxième marché en volume derrière la France, avec toutefois, un enjeu financier moindre, puisque l'Iran comptait alors pour 2% du chiffre d'affaires du constructeur automobile. Pour Renault, les ventes s'élevaient à 100.000 unités.

"Le moment est venu, en effet, de reprendre contact, mais cette prise de contact doit avoir à l'esprit le fait que peu de sanctions ont été suspendues. Dans certains secteurs relativement étroits, il serait possible de reprendre des affaires immédiatement. C'est vrai pour l'automobile, pour la fourniture de pièces aéronautiques, ainsi que pour ce que l'on appelle 'l'humanitaire", qui va de l'agroalimentaire aux produits médicaux", explique à BFM Business François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran.

Comme le rappelle la BBC, ces sanctions sont, en effet, toujours en vigueur pour le pétrole, le gaz, l'uranium ou encore l'industrie financière.

"Il ne faut pas anticiper"

Si les entreprises semblent s'activer et espérer ainsi beaucoup du marché iranien, le gouvernement préfère rester prudent.

Interrogé sur ce sujet dimanche 3 février dans le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a préféré considérer cette délégation de chefs d'entreprises "comme un encouragement aux Iraniens à tenir leur parole". "Il ne faut pas anticiper. Il y a des boycotts et une situation dont nous ne sommes pas encore sortis", a-t-il ajouté.

J.M.