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Forcer ses salariées à porter des chaussures à talons hauts devient illégal aux Philippines

Les employeurs philippins doivent désormais veiller à ce que leurs salariées portent "des chaussures pratiques et confortables".

Les employeurs philippins doivent désormais veiller à ce que leurs salariées portent "des chaussures pratiques et confortables". - Alexander Klein - AFP

Le gouvernement philippin a publié un décret interdisant aux entreprises du pays de continuer à obliger leurs employées à porter des chaussures à talons de plus de 2,5 cm.

Les salariées philippines viennent d'obtenir une victoire. Le gouvernement a décidé d'interdire aux employeurs de les obliger à porter des talons hauts, une mesure saluée lundi par les syndicats.

Le décret du ministère du Travail vise à faciliter les conditions de travail de celles dont les fonctions exigent qu'elles restent debout pendant de longues heures, telles que les vendeuses, les réceptionnistes ou les hôtesses de l'air. Le texte est entré en vigueur dimanche.

Les employeurs doivent veiller à ce que ces salariées portent "des chaussures pratiques et confortables", selon le décret, qui interdit le port obligatoire de talons de plus de 2,5 centimètres de haut.

"Une forme d'esclavage"

"C'est une forme de torture. C'est une forme d'oppression et d'esclavage. Imaginez devoir endurer ce genre de douleur pendant huit à dix heures par jour", a déclaré Alan Tanjusay, porte-parole de l'Union des syndicats. "C'est aussi une forme de sexisme car culturellement, les employeurs disent que les femmes qui portent des talons hauts sont plus grandes, plus sexy, et plus attrayantes, plus efficaces dans la vente. Ils ne savent pas que les femmes souffrent".

Le décret explique que des vendeuses ou des gardiennes contraintes à se jucher sur des talons ont subi des "maux de pieds" et des pressions "dangereuses" sur les articulations. Les chaussures portées au travail "ne doivent pas serrer les pieds ou les orteils, elles doivent être à la bonne taille, antidérapantes, soutenir correctement la plante des pieds, être soit plates ou à petits talons de type compensé".

Le texte ordonne également aux entreprises d'accorder à leurs salariées des périodes de repos et le droit de s'asseoir périodiquement. Celles qui le souhaitent peuvent toutefois continuer de porter des talons hauts, ajoute Alan Tanjusay, expliquant que le décret était consécutif à de nombreuses plaintes de vendeuses ou d'hôtesses.

N.G. avec AFP