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Flambée des matières premières alimentaires: les Etats se mobilisent

Le prix du boisseau de maïs américain a augmenté de 60% en deux mois.

Le prix du boisseau de maïs américain a augmenté de 60% en deux mois. - -

Paris, président du forum du G20, et Washington, se sont dits prêts, ce lundi 13 août, à convoquer une réunion de crise à l’heure où les céréales et le soja voient leurs cours exploser. 

L'envolée du prix des matières premières agricoles pousse les Etats à agir. La France et les Etats-Unis, dans le cadre du G20, envisagent de tenir très rapidement une réunion de crise si le calme ne revient pas sur les marchés des céréales et du soja.

Les pays qui en sont membres pourraient en effet réunir le "forum de réaction rapide" censé coordonner les réponses quand les marchés agricoles sont hors de contrôle.

Et ils le sont actuellement. En cause: la sécheresse aux Etats-Unis, premier exportateur mondial de matières premières agricoles, qui fournit 52% du maïs et 43% du soja consommés dans le monde. Cette année, la récolte de maïs y sera la plus faible en six ans, selon le dernier rapport du département de l'Agriculture des États-Unis. Le prix du boisseau a bondi de 60% sur les deux derniers mois à Chicago, pour se rapprocher des 9 dollars, un record. La récolte de soja pourrait, elle, atteindre son plus bas niveau en trente ans.

Le G20 dispose de peu d'outils pour agir

Le maïs et le soja ne sont pas les seuls à poser problème, le blé aussi. Son prix a grimpé de 19% en juillet à cause de la sécheresse du printemps en Russie. Or ce pays pèse pour un quart des exportations mondiales de blé.

Ainsi, le G20 est sur le qui-vive, quand bien même ses marges de manœuvre restent limitées. Il est par exemple impossible de réformer, dans l'urgence, les marchés financiers agricoles. Difficile aussi de faire baisser la consommation, notamment en limitant la quantité de biocarburant dans l'essence.

Abdolreza Abbassian, le responsable de ces questions au G20, a lui-même admis l'impuissance des Etats: "Nous ne pouvons pas faire grand-chose, si ce n'est nous asseoir tous ensemble et prier pour la pluie."

L'objectif est donc surtout d'éviter que des gouvernements ne prennent des décisions qui pourraient aggraver la situation. En 2010, par exemple, en pleine crise alimentaire, la Russie avait interrompu ses exportations de céréales. Ce qui avait ajouté encore de la pression sur les prix.

Simon Tenenbaum et BFMbusiness.com