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Emissions polluantes : un aveu coûteux pour Volvo Trucks

Le problème technique révélé par Volvo pourrait concerner les deux tiers de ses véhicules livrés annuellement.

Le problème technique révélé par Volvo pourrait concerner les deux tiers de ses véhicules livrés annuellement. - PAUL J. RICHARDS / AFP

Le constructeur de poids-lourds et de bus suédois met en garde contre une usure prématurée de ses dispositifs de contrôle des gaz polluants.

Pas de Dieselgate... mais l'aveu d'un problème technique qui pourrait coûter très cher à Volvo, 2ème constructeur de poids-lourds et de bus au monde (l'entité automobile Volvo appartenant au constructeur chinois Geely). Le groupe a annoncé l'existence d'un problème technique sur ses moteurs, susceptibles d'accroître considérablement leurs émissions polluantes.

Un problème qui doit être traité, et pour lequel Volvo va devoir effectuer un très grand nombre de rappels pour réparation. Pour le moment, aucun chiffre n'est évoqué, le constructeur étant en train d'approfondir son enquête. Mais la nouvelle a provoqué une forte baisse du titre Volvo coté à la Bourse de Stockholm (-9,3% à l'ouverture), faisant perdre au groupe près de 2 milliards d'euros de capitalisation boursière.

Défaut de conception

Ici pas de soupçons autour de l'éventuelle utilisation de logiciels truqueurs. Le souci a été révélé de manière préventive par les propres contrôles-qualité de Volvo en interne. Il s'agit d'un défaut de conception d'un composant important du moteur, censé réduire les émissions polluantes. 

Le convertisseur d'oxyde d'azote se détériore beaucoup plus vite que prévu, provoquant une forte hausse des rejets de ce gaz dans l'atmosphère. Et en tout cas bien au-delà des normes en vigueur dans beaucoup de pays. C'est pourquoi Volvo envisage un rappel général, pour remplacer le ou les composants défectueux.

Deux tiers de la production annuelle?

Les poids-lourds susceptibles de poser problèmes ont été vendus sur les marchés Européens et aux Etats-Unis. Soit potentiellement les deux tiers des livraisons annuelles de Volvo (autour de 200.000 véhicules en 2017). Même si le groupe refuse de livrer une estimation précise, Volvo admet que les conséquences seront "substantielles".

A titre d'exemple, cette année, l'équipementier-moteur américain Cummins avait dû rappeler et ré-équiper à ses frais en urgence 500.000 camions pour le même genre de problèmes. Le groupe avait dû à cette occasion passer une charge de 400 millions de dollars sur ses comptes.