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Comment le Japon compte renouer avec la croissance

Shinzo Abe,Le leader du PLD, compte faire pression auprès de la Banque de Japon pour qu'elle opte pour une politique monétaire plus souple.

Shinzo Abe,Le leader du PLD, compte faire pression auprès de la Banque de Japon pour qu'elle opte pour une politique monétaire plus souple. - -

L’une des priorités du parti Démocrate Libéral, qui a remporté les élections législatives, dimanche 16 décembre, est de relancer l’économie japonaise. Ce qui nécessitera assouplissement de la politique monétaire et lancement de grands travaux.

Après trois ans de gouvernement de centre-Gauche, les électeurs japonais ont eu envie de changement. Le parti Libéral Démocrate (PLD) a emporté largement les élections législatives organisées dimanche 16 décembre. Il a raflé au moins 293 sièges sur les 480 que compte la Chambre basse.

De retour au pouvoir-le PLD a, en effet, dirigé le pays pendant une cinquantaine d’années- les conservateurs ont bien marqué leur intention de mobiliser leurs efforts pour que le pays renoue avec la croissance. Car le Japon est frappé par la récession : le PIB a reculé de 0,9% au troisième trimestre 2012. En données annualisées,la contraction s’établit à 3,5%.

Le premier défi économique qui attend le nouveau gouvernement est de faire baisser le yen, dont le cours trop élevé pénalise les exportations. Shinzo Abe, le leader du PLD et futur premier ministre, a maintes fois rappelé pendant sa campagne qu’il allait faire pression auprès de la Banque du Japon pour qu’elle mène une politique monétaire plus souple. Il compte aussi lui fixer comme objectif une inflation limitée à 2%.

Il est certain que le gouvernement profitera de la fin du mandat du gouverneur de la Banque du Japon, qui se termine en avril 2013, pour choisir un remplaçant qui sera plus enclin à suivre les nouvelles directives économiques.

Mais déjà, le cours du yen a plongé depuis l’annonce des élections. Face au dollar, la monnaie japonaise a chuté à son plus bas niveau depuis plus d'un an et demi face au dollar. Ce lundi matin à Tokyo, le billet vert valait 84,30 yens, alors qu’il s’échangeait contre 83,52 yens vendredi soir.

L'action Tepco bénéficie du retour des pro-nucléaires au pouvoir

Le Japon compte également redresser son économie en menant une politique de grands travaux. Le futur Premier ministre a expliqué qu’il allait débloquer des fonds afin de développer de nouvelles infrastructures, notamment dans la région dévastée de Fukushima.

Une belle intention autour de laquelle demeure un certain flou : le montant des fonds alloués et leur provenance n’ont pas été précisés. Cela risque de peser davantage encore sur le taux d’endettement du pays, déjà très élevé. Il atteint 236% de son PIB d’après le FMI.

Enfin, la victoire du PLD met fin aux incertitudes sur l’approvisionnement énergétique du pays. Contrairement au gouvernement de centre-gauche, qui tablait sur une sortie du nucléaire à l’horizon 2040, le PLD s’est engagé à relancer les réacteurs qui répondraient à toutes les exigences en matière de sécurité. Pour le nouveau gouvernement, il est économiquement impossible de se passer du nucléaire.

Cela fait les affaires de la compagnie d’électricité Tepco, qui gérait la centrale de Fukushima. Ce lundi, à la mi-journée, le titre gagnait près de 33% à la Bourse de Tokyo, pour atteindre 202 yens, alors qu’il n’a cessé d’être malmené depuis la catastrophe de mars 2011.

Les autres compagnies d’électricité nationale bénéficiaient eux aussi de la faveur des investisseurs. Kansai Electric Power a, par exemple, bondi de 17,64%, pour atteindre 920 yens.

BFMbusiness.com et AFP