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Ces promesses économiques que Trump aura bien du mal à tenir

Les mesures promises par Trump ne seront pas votées par le Congrès si elles ne sont pas financées, estime un expert sur BFM Business.

Les mesures promises par Trump ne seront pas votées par le Congrès si elles ne sont pas financées, estime un expert sur BFM Business. - JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Baisses d'impôts vertigineuses, plan d'investissement massif dans les infrastructures: certaines promesses économiques de Donald Trump ont convaincu les Américains. Même s'il lui sera pour le moins difficile de les instaurer.

Déjouant tous les pronostics, l'homme d'affaires Donald Trump a été élu ce mercredi président des États-Unis. Il devient l'homme fort de la première puissance économique mondiale pour les quatre ans à venir. Celui qui s'est fait élire sur des promesses économiques protectionnistes et libérales devrait avoir bien du mal à les tenir.

Tout au long de sa campagne, le candidat Trump a martelé que, s'il était élu, il lancerait un plan massif d'investissement dans les infrastructures, qu'il relancerait ou maintiendrait l'exploitation des énergies les plus polluantes (réouverture des mines de charbon, pétrole de schiste), et surtout, que tous les Américains verraient leurs impôts baisser.

Les Républicains soutiendront-ils Trump?

Problème: "Ces mesures ne sont pas financées", souligne Alexis Karklins, directeur général délégué du cabinet de conseil financier Eight Advisory. Pourtant il faudra des recettes copieuses pour couvrir "les baisses massives d'impôts qui figurent dans le programme de Trump, une baisse de 2 points du taux d'imposition des ménages les plus fortunés, avec la tranche la plus haute qui descendrait à 33%, et la baisse du taux d'imposition sur les bénéfices des entreprises, qui passerait de 35 à 15%", estime Alexis Karklins.

Alors oui, les élections au congrès qui se tenaient parallèlement à la présidentielle ont laissé la majorité aux Républicains. En théorie, Donald Trump devrait pouvoir compter sur leur soutien pour mettre en place ses projets. Mais "le congrès va bloquer, parce qu'en matière de conservatisme fiscal, les Républicains campent sur leurs positions", prévoit Alexis Karklins. "Les déficits budgétaires qui ont été chiffrés, simulés avec le programme de Trump, ne seront pas acceptés par le Congrès", ajoute-t-il.

L'incertitude des entreprises françaises

Ces promesses de baisses d'impôts, pourtant, ont visiblement été déterminantes dans la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle. Aujourd'hui, les Américains ne paient pas d'impôt lorsqu'ils gagnent moins de 9.700 dollars par an. Au-delà, ils paient 14%. Puis à partir de 30.000 dollars, 30%. Le taux passe à 41% à partir de 72.000 dollars, et 45% au-dessus de 165.000 dollars. La promesse de Trump, c'est de supprimer toute imposition sous le seuil de 29.000 dollars de revenus annuels. "Donc il se met les classes pauvres dans la poche", souligne Gérard Guyard, président-directeur général de Gravotech. Et d'un autre côté, il réduit le plus haut taux d'imposition à 33%, à partir de 72.000 dollars annuels. De quoi séduire les ménages les plus aisés.

En tout cas l'incertitude née de l'élection de Trump a de quoi inquiéter les entreprises françaises. À cause de ces mesures intenables, mais aussi des promesses du candidat républicain de revoir les accords de libre-échange avec ses partenaires commerciaux, coupables selon lui de détruire les emplois américains. "Nous faisons presque 40% de notre chiffre d'affaires aux États-Unis", indique le PDG de Gravotech, un industriel de la gravure. "Nous sommes en train de bâtir notre plan à 5 ans. La question est: comment en tant qu'industriel, je mets ceci en perspective au moins pour les quelques mois qui sont devant nous"?

N.G.