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Budget européen: les réductions des dépenses sont "mesquines"

Sylvie Goulard critique aussi les agendas des dirigeants de la zone euro, qui n'obéissent qu'à l'intérêt national et non commun

Sylvie Goulard critique aussi les agendas des dirigeants de la zone euro, qui n'obéissent qu'à l'intérêt national et non commun - -

L'eurodéputée Sylvie Goulard explique à BFM Business que les dirigeants européens doivent considérer la pertinence des dépenses budgétaires, et non simplement camper sur leurs positions.

L’Europe n’a toujours pas de budget, au matin de ce vendredi 23 novembre. Les dirigeants européens n’ont pas eu assez de la nuit de jeudi à vendredi pour trouver un compromis sur le budget pour la période 2014-2020.

Invitée hier dans l’émission le Grand Journal de BFM Business, la députée européenne ne ménage pas ses critiques à l’égard des chefs d’Etat.

Tout d’abord elle estime que les réductions des dépenses envisagées par les dirigeants européens sont "méthodiques et mesquines". Contrairement à ce qu’envisage Paris, Sylvie Goulard pense ainsi qu’il est contreproductif de réduire les crédit européens accordés à la recherche et à l’innovation.

Elle appelle à ne pas simplement couper les dépenses en ayant l’austérité et la récession en tête, mais à "regarder la qualité de la dépense, c’est-à-dire les postes où les dépenses sont les plus pertinentes. Si, pour un laboratoire, il faut regrouper les compétences des chercheurs britanniques, allemands et italiens, faisons-le ! Nous dépenserons mieux, et pour 100 euros dépensés nous aurons de meilleurs résultats".

L’eurodéputée dit, en revanche, qu’il convient de réviser la Politique agricole commune (PAC) ainsi que la politique liée aux fonds structurels, qui aident les régions en retard de l’Europe et qui constituent le deuxième poste de dépenses du budget de l'UE.

Au-delà, Sylvie Goulard se désespère de la méthode qui amène les dirigeants à décider du budget européen. Elle y voit une absence de démocratie participative : "C’est un sommet européen sans débat parlementaire…..C’est un peu comme si les présidents des régions françaises votaient à l’unanimité le budget français", regrette-t-elle.

Pas de sortie du Royaume-Uni

Elle considère que les chefs d’Etat se réunissent, avec pour chacun un agenda purement national, qui ne représente pas "l’intérêt général de l’Europe".

Le Royaume-Uni est clairement un des pays représentant le mieux cette tendance. David Cameron refuse ainsi d’abandonner le rabais britannique et adopte une ligne ferme : diminuer de 200 milliards d’euros le budget européen sur la période 2014-2020. Londres va jusqu’à mettre en jeu sa présence au sein de l’Union européenne.

Pour Sylvie Goulard, il s’agit surtout d’une "posture.Il faut garder son sang-froid", même si elle reconnaît qu’il "y a une tendance à envisager cette sortie au sein de la population". Mais elle ne croit pas à cette hypothèse. Il faut dire que le Royaume-Uni n’a pas vraiment intérêt à quitter le club des 27.

L’eurodéputée souligne, par ailleurs, un point intéressant: "si les négociations échouent, on négociera chaque année un petit budget. Et à ce moment-là le vote se fera à la majorité qualifiée et non plus à l’unanimité". Les Britanniques pourraient alors se retrouver dans une position bien inconfortable.

Julien Marion