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Brexit : May va officiellement réclamer un report

La Première ministre britannique Theresa May, lors du sommet européen de Bruxelles le 14 décembre 2018.

La Première ministre britannique Theresa May, lors du sommet européen de Bruxelles le 14 décembre 2018. - JOHN THYS / AFP

Mais les Européens, Paris en tête, préviennent que cela ne sera « ni évident, ni automatique. »

Cela devenait inéluctable. Theresa May va officiellement demander un report du Brexit, selon son porte-parole. La Première ministre écrira une lettre en ce sens à Donald Tusk, aujourd’hui ou demain, précise le 10 Downing Street, sans donner plus de détails sur le contenu de la missive.

Cette demande d'extension du délai n’est pas une surprise. Le gouvernement britannique, qui essuie des échecs en cascade, cherche à gagner du temps pour arracher un nouvel accord, qui sera enfin accepté par le parlement. L’accord obtenu avec Bruxelles a d’ores et déjà été rejeté deux fois par les parlementaires et le président de la Chambre des communes John Bercow a averti, lundi, que le texte ne serait pas représenté une troisième fois au vote.

Paris met en garde

Selon la BBC, Theresa May pourrait réclamer un délai qui s’étirerait jusqu’à la fin du mois de juin, avec une option de prolongation pendant une durée maximum de deux années. Un délai qu’il sera néanmoins difficile à faire accepter aux Européens. Auprès de l’AFP, l’Elysée a ainsi souligné qu’une extension des négociations n'est « ni évidente ni automatique ». Sans vote au Parlement ou alternative crédible, Bruxelles pourrait ainsi rejeter la requête. « Le résultat sera le no deal » a souligné la présidence française.

« Nous sommes dans une impasse du fait de la décision des Britanniques et l'incertitude est insupportable », a averti, dans la matinée, la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau à son arrivée à Bruxelles pour une réunion pour préparer le sommet européen de jeudi et vendredi. « Si les Britanniques veulent un report, ils doivent dire pourquoi. Nous attendons une initiative crédible. La prolongation n'est pas une solution, c'est une méthode. » Berlin s’est aussi aligné sur cette avertissement.

Désormais, les marges de manœuvre sont serrées pour Theresa May. Bruxelles réclame un vote favorable au Parlement britannique mais n’entend pas rouvrir les discussions sur l’accord.

La rédaction avec AFP