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Brexit : le négociateur britannique sème le trouble

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- - TOLGA AKMEN / AFP

Voter l'accord de Theresa May, ou accepter un report significatif du divorce. Le gouvernement britannique obligé de démentir des propos qu'aurait tenu son négociateur en chef sur le Brexit dans un bar à Bruxelles.

Un négociateur un peu trop bavard. Olly Robbins, l'émissaire du gouvernement britannique à Bruxelles, aurait dévoilé la stratégie de Theresa May mardi soir dans un bar d’hôtel à Bruxelles : faire croire aux députés britanniques, qui ont rejeté massivement l'accord de la Première ministre il y a un mois, qu'ils n'auront finalement d'autre choix que de l'approuver ou bien de voir reportée indéfiniment la date du divorce.

Le ministre du Brexit dément le scoop d’ITV

« Il faut faire en sorte qu'ils pensent qu'une extension est possible mais que s'ils ne votent pas pour l'accord, cette extension sera longue » aurait-t-il confié à ses interlocuteurs.

Olly Robbins parlait-il trop fort ? Ses propos ont été en tout cas entendus par le correspondant à Bruxelles de la chaîne britannique ITV, Angus Walker, qui s'est empressé de les rapporter. D'après l'analyse du journaliste, le négociateur britannique pense que, effrayés par la perspective d'un long report du Brexit, les parlementaires seront contraints de revenir sur leur décision de rejeter l'accord de retrait.

Le ministre du Brexit a été obligé de démentir ces informations : « La Première ministre a été très claire ; nous sommes engagés sur un départ le 29 mars. Il n'est dans l'intérêt de personne d'obtenir une extension sans clarté » a affirmé Stephen Barclay ce mercredi au micro de la BBC.

Theresa May joue la montre

Cette affaire nourrit en tout cas les accusations de l'opposition travailliste : selon le leader du Labour, Jeremy Corbyn, Theresa May joue la montre et veut contraindre les députés à voter son deal, sous peine de quitter l'Union européenne sans accord, un « no deal » redouté par la majorité des parlementaires et par les milieux d'affaires. 

Mardi, Theresa May a réclamé du « temps » aux députés pour obtenir un accord de retrait remanié auprès des dirigeants européens, suite au rejet de son texte initial par le parlement britannique.

En attendant, le Brexit revient ce jeudi à la chambre des Communes. Les députés britanniques pourront déposer des amendements et tenter de reprendre la main sur le dossier.