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Brexit: la croissance annuelle britannique devrait être la plus faible depuis 2010

Boris Johnson - Illustration

Boris Johnson - Illustration - PRU - AFP

Alors que le pays ne parvient pas à concrétiser le Brexit, son PIB n'a grimpé que de 0,3% au troisième trimestre, sur un an, un chiffre plus faible que prévu, même si la récession est évitée.

Faut-il voir le verre à moitié vide ou à moitié plein? Le Royaume-Uni retrouve la croissance. Après la contraction de son PIB au deuxième trimestre de l'année (-0,2%), il a finalement progressé de 0,3% sur un an au troisième trimestre, selon le Bureau national des statistiques (ONS). Le pays évite ainsi la récession, grâce au dynamisme des services et de la construction tandis que l'investissement manufacturière a stagné. Il n'empêche, le chiffre est inférieur aux attentes puisque les économistes s'attendaient à une hausse de 0,4%. En effet, comme lors du "faux" Brexit, du 31 mars dernier, la constitution de stocks d'ici au 31 octobre, a aussi soutenu temporairement l'économie.

Les économistes, interrogés par Bloomberg, anticipent encore un ralentissement de l'activité pour le dernier trimestre, à +0,2%, pour une croissance annuelle prévue à 1,2%, ce qui serait la croissance la plus faible du pays depuis 2010. Quant aux prochaines années, elles sont difficiles à évaluer tant que le cas du Brexit n'est pas réglé, et surtout en attendant les prochaines élections de décembre.

"Boris boost" ?

Ce regain de croissance est-il positif pour Boris Johnson qui espère bien retrouver une large majorité pour enfin faire passer son projet d'accord de sortie au parlement britannique? Le Daily Mail s'est réjoui d'un "Boris boost", ce matin. Au contraire, "ce n'est clairement pas la bonne nouvelle que le gouvernement espérait peut-être", remarque la maison de recherche Capital Economics.

Selon les derniers sondages, les conservateurs sont largement en tête des intentions de vote (39%) devant les Travaillistes (26%) et les Libéraux Démocrates (17%). Mais le résultat du référendum sur le Brexit a montré qu'ils devaient être pris avec des pincettes.

Thomas Leroy, avec l'AFP