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Brésil: les marchés inquiets d'une possible victoire de Roussef

Les Brésiliens vont choisir leur futur président.

Les Brésiliens vont choisir leur futur président. - Almeida Sa-Lima - AFP

Ce dimanche 5 octobre, les Brésiliens sont attendus aux urnes. Et une victoire de l'actuelle présidente ne serait pas forcément bien accueillie par la finance.

C'est un gérant de fonds spécialisé dans les émergents qui résume cette défiance des marchés: "nous restons prudents dans nos portefeuilles, moins par peur de Marina Silva que par crainte d'un succès de Dilma Rousseff".

Beaucoup d'acteurs de marché ne veulent plus rien entendre de la promesse de Dilma Rousseff, d'un nouveau cycle de développement, qui s'appuierait sur un grand compromis social, une modernisation des infrastructures et une relance du crédit à l'activité par les banques publiques.

Mais quel nouveau cycle alors que le parti des travailleurs, après douze ans au pouvoir, serait à bout de souffle ?

Une économie en récession

Le constat est celui d'une économie qui a basculé dans la récession. La plupart des conjoncturistes ne se hasardent plus à prévoir mieux qu'1% de croissance pour 2015. Le secteur manufacturier et la construction sont particulièrement affectés. L'investissement a décroché comme jamais depuis 5 ans. L'inflation dérape vers les 7%, au fur et à mesure que la devise brésilienne se déprécie.

Une étude du Boston consulting group sur 10 ans montre que parmi les 25 principaux exportateurs au monde, le Brésil, avec l'Australie, sont ceux qui ont subi une dégradation de leur compétitivité la plus importante. Etant donné ce passif, les milieux financiers considèrent que la 7eme puissance économique mondiale se doit changer de chef d'Etat.

Au vu des derniers sondages, il n'est pas certain - du tout - que la majorité de l'électorat brésilien soit de cet avis.

Benaouda Abdeddaim