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Bourse : Journée noire sur les marchés

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A Paris, le CAC 40 est revenu près de deux ans en arrière. Les craintes sur l'économie américaine et la guerre commerciale pèsent.

Sale journée pour les marchés européens. Le CAC 40 à Paris a clôturé en baisse de 3,32%. A 4780,46 points, il se retrouve au plus bas depuis début février 2017. Même tendances sur les autres places européennes. Francfort, Londres, Milan... toutes clôturant très nettement au dessus des 3% de baisse.

Les craintes de ralentissement de l'économie américaine sont dans tous les esprits. Et les statistiques du jour ont confirmé ces inquiétudes. Les créations d'emplois en novembre s'annoncent sous les attentes. Selon l'enquête mensuelle d'ADP, les entreprises américaines ont nettement moins embauché. 179 000 nouvelles embauches contre 192 000 attendues par les analystes. En octobre, le secteur privé avait créé 225 000 emplois (chiffre révisé en légère baisse).

A cela s'ajoute un déficit commercial inédit depuis 10 ans pour le mois d'octobre (55,5 milliards de dollars) avec des importations record (211 milliards / +0,2%) et des exportations en baisse. Par ailleurs, le ralentissement de la productivité au troisième trimestre a été confirmé.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde a tenté de calmer le jeu en déclarant, sur la chaîne d'information financière CNBC, que les Etats-Unis ne devraient pas, à court terme, être frappés par une récession. "Je ne vois pas les éléments d'une récession à court terme et nous avons toujours une prévision de croissance plutôt forte pour l'année prochaine pour les Etats-Unis", a-t-elle souligné, en dépit des tensions commerciales toujours très vives.

Car la chute des marchés s'explique également par un regain de tension entre les Etats-Unis et la Chine avec l'arrestation au Canada de la directrice financière du groupe technologique Huawei. Elle est soupçonnée d'avoir violé des sanctions américaines contre l'Iran.

Cette information a un impact supplémentaire sur les marchés car elle intervient quelques jours seulement après le début de ce qui apparaissait comme une trêve dans l'affrontement commercial sino-américain. Les investisseurs craignent finalement que la bataille commerciale durent et aille bien plus loin que ce qu'on a pu s'imaginer jusqu'à maintenant. Pour Xavier Patrolin, président d'Albatros Capital, la crainte c'est que la situation ne se transforme "en une espèce de nouvelle guerre froide".