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Annuler les JO pour des raisons de sécurité coûterait plus de 4 milliards d'euros

Le Stade olympique où se dérouleront plusieurs épreuves, dans l'est de Londres.

Le Stade olympique où se dérouleront plusieurs épreuves, dans l'est de Londres. - -

La préparation de la manifestation olympique, qui débutera le 27 juillet, connaît des couacs au niveau de la sécurité. En cas d’annulation de la manifestation, l’ardoise serait particulièrement salée. Elle a été estimée par un réassureur.

A une dizaine de jours de l’ouverture des jeux Olympiques de Londres, il manque 6400 vigiles sur les 10 400 requis pour assurer la sûreté de l’événement. Selon un cadre du réassureur Munich Re, renoncer à la tenue des Jeux coûterait plus de 4 milliards d’euros aux assureurs.

"Cela correspond à la somme des risques de pertes assurables lors de la Coupe du monde de 2010 et les jeux Olympiques devraient relever de la même catégorie", a déclaré Andrew Duxbury, directeur de la souscription de l’entreprise bavaroise, dans un entretien au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, paru le 16 juillet.

L’organisation des jeux Olympiques est actuellement perturbée par un déficit du nombre de vigiles nécessaires à la bonne tenue de l’événement. G4S, société de sécurité, s’était engagée à fournir 10 400 professionnels. L'entreprise privée invoque des soucis dans ses procédures de recrutement pour justifier les quelque 6400 postes manquants pour remplir son contrat de 284 millions de livres. En conséquence, le gouvernement a appelé 3500 militaires pour pallier le manque de vigiles.

Au moins 35 millions de livres de pertes pour la société en charge de la sécurité

G4S assume son échec, et prendra en charge les coûts supplémentaires induits par ce déploiement de militaires. Au total, la société de sécurité pourrait ainsi perdre entre 35 et 50 millions de livres en raison de ces impairs, indique-t-elle dans un communiqué.

Vu les précédents tels que la prise d’otage des jeux Olympiques de Munich en 1972 ou l’attentat aux Jeux d’Atlanta en 1996, la question d’une annulation de la manifestation s’est brièvement posée. Une éventualité que le gouvernement britannique a aussitôt balayée. Plusieurs ministres ont fait savoir, dimanche 15 juillet, que ces défaillances de sécurité ne menaçaient pas le déroulement des Jeux.

Julien Marion avec Reuters