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Amara Benyounès: "le prochain mandat présidentiel algérien sera avant tout économique"

Amara Benyounès était l'invité de BFM Business, ce mardi 15 avril.

Amara Benyounès était l'invité de BFM Business, ce mardi 15 avril. - -

Le porte-parole du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, était l'invité de BFM Business ce mardi 15 avril, deux jours avant l'élection présidentielle. Il est revenu sur les perspectives économiques du pays.

L'élection présidentielle algérienne se profile. A deux jours, de ce scrutin, Amara Benyounès, ministre algérien du développement industriel et porte-parole de l'actuel président, Abdelaziz Bouteflika était ce, mardi 15 avril, l'invité de BFM Business.

Il est revenu sur les enjeux économiques auxquels le pays fait face. Avec, en premier lieu, le chômage des jeunes, qui touche environ 30% des moins de 35 ans. "Nous avons un sérieux problème: l'inadéquation entre notre système de formation et la demande sur le marché économique. Nous formons beaucoup trop de gens dans des filières dans lesquelles il n'y a pas de débouché sur le plan économique", a-t-il analysé.

A l'inverse, "nous ne formons pas assez dans les matières technologiques" où "nous avons un sérieux problème de main d'oeuvre qualifiée", a poursuivi Amara Benyounès." Nous devons impérativement réadapter notre système de formation pour qu'il soit en adéquation avec notre système économique", a-t-il ajouté.

"Le prochain mandat sera surout un mandat économique" dans lequel il "nous faudra nous attaquer à ce fléau" que constitue le chômage des jeunes, a-t-il conclu.

Aller vers "une économie diversifiée"

"Nous avons par le passé, durant les années 70-80, utilisé le traitement social du chômage. Nous avons distribué des salaires à des gens qui ne travaillaient pas. Cela n'a pas beaucoup tenu. Nous savons maintenant qu'il faut une réponse économique à ce problème", a développé Amara Benyounès.

Ce dernier a pointé deux autres défis. "Le premier défi est le changement du statut de l'économie. Nous étions dans une économie administrée, nous allons vers une économie de marché. Le second est de passer d'une économie rentière, qui dépend à 98% des hydrocarbures, vers une économie de production diversifiée".

"Cela passe un politique de réindustrialisation du pays et par une politique de partenariat, notamment avec les grands groupes étrangers".

Les PME-PMI comme cible

Le pays a déjà réussi attirer de grands noms (Lafarge, Renault, Sanofi). Désormais,l'Algérie cible des entreprises de taille moyenne. "Nous avons tablé énormément, au début, sur les entreprises locomotives. Mais derrière, l'objectif est de viser les PME-PMI".

Il a rappelé que "l'image de marque de l'Algérie n'était pas très bonne dans les milieux des affaires". Or "les très grands groupes" qui "vont investir massivement en Algérie, vont attirer ce tissu de PME-PMI qui est indispensable au développement de l'économie algérienne", a-t-il jugé.

J.M.