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À Wall Street, Obama poursuit ses conférences (très) lucratives

Barack Obama lors d'une conférence en Italie, en mai dernier.

Barack Obama lors d'une conférence en Italie, en mai dernier. - Andreas Solaro - AFP

Moins d'un an après son départ de la Maison Blanche, l'ancien président américain multiplie les discours rémunérés. Une pratique qui pourrait faire grincer des dents au sein de son parti.

Les attaques de Barack Obama contre le monde de la finance ne semblent plus être qu'un lointain souvenir. Moins d'un an après son départ de la Maison Blanche, l'ancien président américain a en effet commencé à monnayer son expérience à Wall Street - une pratique qui avait pourtant servi d'angle d'attaque contre Hillary Clinton pendant la dernière campagne présidentielle.

Il sera lundi prochain la vedette d'une conférence réunissant le gratin du secteur de la santé, organisée par la banque d'investissement Cantor Fitzgerald à New York du 25 au 27 septembre, ont indiqué à l'AFP deux sources proches du dossier. Il doit y tenir un discours et répondra ensuite aux questions de l'assistance. Pour cette prestation, qui ne devrait pas dépasser les deux heures, il devrait percevoir environ 400.000 dollars, a indiqué une des sources.

En août, Barack Obama avait également joué les conférenciers de luxe lors d'un sommet organisé par la division de gestion de grosses fortunes de la banque américaine Northern Trust à New York, selon l'AFP.

L'ancien président américain aurait également été payé 400.000 dollars, affirme l'agence Bloomberg qui fait état d'un autre discours donné la semaine dernière à Washington lors d'une conférence organisée par le fonds américain Carlyle.

Ces discours sont les premiers que Barack Obama donne à Wall Street depuis depuis qu'il a quitté le bureau ovale le 20 janvier.

Il s'est toutefois fait rémunérer pour six autres interventions depuis mai, en Italie, en Allemagne, en Ecosse, au Canada, en Indonésie et en Corée du sud. Il devrait également renouveler l'expérience le 29 septembre à Toronto et en janvier à New York dans une synagogue.

"Les discours rémunérés ont permis au président Obama de contribuer pour 2 millions de dollars aux programmes de formation et d'aide à l'emploi pour les jeunes de milieux défavorisés à Chicago", a indiqué par courriel à l'AFP Kevin Lewis, un porte-parole de l'ancien président.

Rapports ambigus avec Wall Street

Il n'empêche que ces "ménages" à Wall Street risquent de susciter des remous dans son parti en quête de leadership et où il représente une sorte d'autorité morale.

Depuis la défaite d'Hillary Clinton, Bernie Sanders et la sénatrice Elizabeth Warren, chefs de file de la gauche du parti démocrate connus pour leur hostilité vis-à-vis de la finance, semblent en effet imposer leurs thématiques.

"Ce type d'apparitions, en plus très bien rémunérées, pourrait ternir sa réputation au sein de la base de la gauche du parti et renforcer la perception que les démocrates sont le parti des élites", estime Randy Albelda, enseignante auprès de University of Massachusetts Boston.

Barack Obama et Wall Street entretiennent des liens ambigus: les financiers américains n'ont toujours pas digéré les critiques de l'ex-président qui avait qualifié en 2010 leurs pratiques de "dangereuses" en pleine campagne pour durcir la règlementation financière.

Dans le même temps, l'administration Obama n'a pas traîné de grand banquier devant les tribunaux en dépit du fait que leurs errements ont conduit à la crise financière de 2008. Elle n'a pas non plus démantelé les grosses banques.

Avant l'ex-président américain, d'autres chefs de gouvernement de grandes démocraties se sont fait grassement rémunérer pour partager leur expérience devant des cénacles financiers. Tony Blair, l'ancien premier ministre britannique, et Bill Clinton en sont les grands champions. L'ex-président français Nicolas Sarkozy avait été en 2013 un des conférenciers vedettes de la SALT, une conférence organisée à Las Vegas par le financier Anthony Scaramucci, le bouillant et éphémère directeur de communications de Donald Trump à la Maison Blanche.

Y.D. avec AFP