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Inflation: La Banque de France anticipe un retour à 2% en 2024

Le gouverneur de la Banque de France, Francois Villeroy de Galhau, lors d'un sommet du G20 Finances à Fukuoka, au Japon, le 8 juin 2019

Le gouverneur de la Banque de France, Francois Villeroy de Galhau, lors d'un sommet du G20 Finances à Fukuoka, au Japon, le 8 juin 2019 - Kiyoshi Ota © 2019 AFP

Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau estime que la BCE devrait relever ses taux d'intérêt à partir de l'été pour lutter contre l'inflation.

L'inflation devrait revenir autour de 2% d'ici 2024 en France, a dit mercredi le gouverneur de la banque de France, François Villeroy de Galhau, sur France Inter.

"Cette inflation élevée devrait le rester encore cette année (...) avant de revenir autour de 2% en 2024", a-t-il dit.

Le gouverneur estime que la BCE devrait augmenter ses taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation. Une hausse progressive selon François Villeroy de Galhau qui ne devrait cependant pas intervenir avant l'été.

Le gouverneur de la Banque de France estime par ailleurs que la croissance française devrait être de 0,2% au deuxième trimestre après une croissance nulle au premier.

"Ce n'est pas brillant mais après un choc comme (la guerre en Ukraine) c'est résilient", a commenté mercredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau sur France Inter, soulignant que "l'activité et l'emploi résistent mais l'inflation augmente fortement".

Après un premier trimestre atone, avec une croissance zéro, le ralentissement de l'économie française se confirmerait donc, principalement sous l'effet de l'inflation, qui augmente les coûts des entreprises et réduit la confiance des ménages, qui hésitent à consommer.

Selon la Banque de France, dont la prévision s'appuie sur une enquête auprès d'environ 8.500 entreprises, l'activité serait surtout soutenue dans les prochains mois par le secteur des services, comme l'hôtellerie-restauration, qui se remettent des restrictions sanitaires du début d'année pendant la vague Omicron.

À l'inverse, l'industrie et le bâtiment seraient moins dynamiques, car frappés de plein fouet par les difficultés d'approvisionnement en matières premières et énergie qui gonflent sensiblement leurs coûts, ce qui les poussent à augmenter leurs prix de vente.

Sur la même ligne, l'Insee estime qu'après un recul surprise de 1,3%, la consommation des ménages devrait "légèrement rebondir" au deuxième trimestre. Mais la principale inquiétude reste toutefois leur réaction face à l'inflation, qui pourrait atteindre 5,4% en juin selon l'institut. Car après l'énergie, ce sont désormais les prix alimentaires et ceux des services qui prennent une pente ascendante.

"Le plus dur" à venir

L'inflation devrait ainsi grever le pouvoir d'achat des ménages, l'Insee tablant sur une baisse de 1,5% au premier trimestre, puis de 0,5% au deuxième.

La forte reprise de 2021, avec une croissance de 7% au moment où la France se remettait de l'épidémie de Covid-19 et une hausse de 1,9% du pouvoir d'achat, semble donc bien de l'histoire ancienne, l'économie étant frappée par de nouveaux chocs internationaux.

Face à ces difficultés, "le plus dur est devant nous", a d'ailleurs prévenu la semaine dernière le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, estimant que "l'inflation nouvelle est le premier sujet de préoccupation économique" actuellement.

Avant même la nomination du prochain gouvernement, Bercy prépare et budgète d'ailleurs les dispositifs d'aide promis par Emmanuel Macron, comme un chèque alimentaire, une aide pour les personnes qui utilisent beaucoup leur voiture pour travailler, ou encore les augmentations des pensions de retraite, du traitement des fonctionnaires et des minimas sociaux.

Au total, et si les élections législatives confirment la majorité actuelle, ce seront encore plusieurs milliards d'euros qui devraient être mobilisés par les pouvoirs publics d'ici la fin de l'année, après les 26 milliards d'euros déjà mis sur la table pour le "bouclier tarifaire" sur l'énergie et le plan de résilience face à la guerre en Ukraine.

Les nouvelles mesures doivent être intégrées dans une loi votée dès le nouveau Parlement élu. En attendant, Bruno Le Maire doit faire mercredi en conseil des ministres, le probable dernier du gouvernement Castex, une communication sur "la protection du pouvoir d'achat des Français".

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco