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Imbroglio autour de la fermeture des centres commerciaux de plus de 20.000 m²

Vue de l'intérieur du centre commercial Beaugrenelle à Paris, le 30 janvier 2021

Vue de l'intérieur du centre commercial Beaugrenelle à Paris, le 30 janvier 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Certaines galeries commerçantes, qui pensaient pouvoir ouvrir leurs portes, devront finalement restées fermées, car les réserves sont comptées dans la limite de 20.000 m².

C'était l'une des rares mesures annoncées vendredi soir par Jean Castex: tous les centres commerciaux de plus de 20.000 m² doivent fermer leurs portes dès ce dimanche. Mais, sur le terrain, c'est moins qu'il n'y paraît. La barre fatidique des 20.000 m² concerne la surface commerciale utile, soit les surfaces de vente mais aussi… les bureaux et les réserves, comme l'a précisé le décret officiel paru dimanche matin.

Pour certaines galeries commerciales, la publication du décret a été une douche froide. C'est le cas de l'hypermarché Cora de Dorlisheim, en Alsace: les commerçants de la galerie marchande ont appris dimanche matin, alors qu'ils pensaient ouvrir le lendemain, que les rideaux de leurs boutiques resteraient fermés. C'est "une mesure qui s'est rajoutée samedi soir et que nous ne comprenons pas", déplore ce lundi Denis Dotter, président de l'association des commerçants de la galerie marchande, sur BFMTV.

L'hypermarché alsacien, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Strasbourg, possède "une petite galerie marchande de 2.500 m² et une surface commerciale de 12.000 m², ce qui fait en additionnant 14.000 m², mais [ont été ajoutées] les réserves de 10.000 m², la cafétéria alors qu'elle est fermée depuis fin octobre, et (…) les bureaux, ce qui fait plus de 20.000 m²", explique le commerçant.

Plus de 'click-and-collect'

Frédéric Merlin, président de la Société des grands magasins, dénonce de son côté une mesure "prise sans concertation". Son groupe est à la tête de plusieurs centres commerciaux dans les centres-villes de Mulhouse (Porte Jeune), Lille (Les Tanneurs) ou Roubaix (Espace Grand'rue). "Quand on a 5.000 ou 6.000 m² de surface de vente, imaginez qu'il a parfois trois ou quatre fois cette surface en surface de réserves. Une surface de 20.000 m², c'est finalement une toute petite galerie", assure-t-il sur le plateau de BFMTV.

C'est un moyen de stigmatiser le centre commercial parce qu'on imagine que dans un centre commercial de 20.000 m² (…) il n'y a que de très grandes enseignes qui auront les moyens de survivre, et de très grands bailleurs qui auront les moyens d'exonérer les loyers", avance Frédéric Merlin.

Pour ces commerçants, c'est l'incompréhension, d'autant plus que le 'click-and-collect' n'est plus autorisé. Denis Dotter, patron d'une boutique de montres et de bijoux dans la galerie commerçante alsacienne, craint de rater le coche de la Saint-Valentin. "Aujourd'hui on a le droit à 800 clients dans les 12.000 m² de la grande surface [alimentaire], mais on ne compte pas les réserves. Pourquoi pour la fermeture de la galerie marchande, on compte les réserves? C'est vraiment absurde", estime-t-il.

La fermeture des centres commerciaux coûte 500 millions d'euros de plus par mois aux finances publiques, un moindre mal par rapport à un confinement dont la facture est de 15 milliards par mois, a indiqué lundi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur RTL.

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV