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Henri Poupart-Lafarge (Alstom): "le but premier" de la fusion avec Bombardier, c'est le train à hydrogène et autonome

Sur BFM Business, le PDG du groupe industriel refuse de résumer le mariage avec le canadien par un match contre le géant chinois CRRC.

"Ce que nous souhaitons, c'est de pouvoir apporter à nos clients, aux opérateurs, aux régions, des nouvelles solutions et on voit bien qu'avec la crise sanitaire, demain avec la crise climatique que nous avons besoin de nouvelles solutions, de changer la mobilité et c'est ça le but premier", explique sur le plateau de Good Morning Business, Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom pour expliquer la raison d'être du rachat du canadien Bombardier.

Ces nouvelles solutions, elles se déclinent en deux axes: le train à hydrogène et le train autonome, tous deux très économes en énergie et peu émetteurs de CO2 mais qui exige de lourds investissements.

"Nous avons apporté au marché une solution à base de pile à combustible, nous sommes les seuls à le faire, nous avons des trains qui roulent en Allemagne. Le réservoir (à hydrogène, NDLR) est sur le train, la pile à combustible est dans le train et avec ça nous avons la même autonomie et la même performance qu'un train diesel", explique le dirigeant.

CRRC en avance sur le train autonome?

En France, "nous sommes en discussion avec des régions, avec l'Etat" pour l'exploitation de ce train mais Henri Poupart-Lafarge rappelle que l'utilisation de l'hydrogène implique également la construction d'infrastructures dédiées pour la livraison de l'hydrogène ou des stations de recharge. "L'implication des pouvoirs publics est clé dans cette affaire", souligne le PDG.

Du côté du train autonome, Alstom affirme avancer sur la question notamment à travers la numérisation de la signalisation permettant de réduire les écarts entre les trains ou les métros. "La digitalisation, c'est un apport fondamental" mais sur le train autonome en tant que tel, Alstom semble en retard face au chinois CRRC qui a lancé un train à grande vitesse sans conducteur.

"On travaille sur ces domaines là, avec la SNCF, en Allemagne on vient d'être choisi pour une expérimentation de trains autonomes régionaux, oui on va beaucoup investir, c'est un des axes d'innovation important pour le futur groupe".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business