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Hauts-de-France: flambée d'accidents du travail liés à la reprise d'activité sur les chantiers

Dans les Hauts-de-France, en juin, 6 accidents du travail graves ont été recensés, en lien avec une chute de hauteur, dont trois mortels, contre huit chutes mortelles sur l'ensemble de l'année 2019.

Dans les Hauts-de-France, en juin, 6 accidents du travail graves ont été recensés, en lien avec une chute de hauteur, dont trois mortels, contre huit chutes mortelles sur l'ensemble de l'année 2019. - PASCAL GUYOT / AFP

L'inspection du travail des Hauts-de-France s'inquiète d'une "recrudescence" des chutes mortelles au travail, "concomitante" de la reprise d'activité et liée aux "délais de réalisation impératifs" et au "retard" pris pendant le confinement.

"Depuis la fin du mois de mai", la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) des Hauts-de-France constate une "forte et inédite recrudescence du nombre d'accidents du travail graves et mortels dans la région".

Ils sont liés pour la plupart "aux chutes de hauteur, en particulier lors de travaux exécutés pour le compte et au sein d'une autre entreprise", rapporte-t-elle dans un communiqué publié par la préfecture de région.

Six accidents du travail graves, dont 3 mortels en juin

Dans les Hauts-de-France, pour le seul mois de juin, elle a recensé six accidents du travail graves, en lien avec une chute de hauteur, dont trois mortels, contre huit chutes mortelles sur l'ensemble de 2019 ; 565 chantiers avaient alors été contrôlés et une entreprise contrôlée sur trois présentait un risque de chute de hauteur.

"La concomitance de cette situation avec la reprise d'activité des entreprises amène les services de l'État à alerter les entreprises intervenantes comme les entreprises utilisatrices, où se déroulent les travaux : le risque lié au Covid-19 ne doit pas occulter les autres risques propres à l'activité", souligne la Direccte.

"Le retard pris et les délais impératifs favorisent les situations à risque"

Selon elle, "le relâchement dans le respect des mesures de prévention, la tendance à la désorganisation (matériel temporairement indisponible, approvisionnements décalés...), les délais de réalisation impératifs et le retard pris en raison du ralentissement de l'activité favorisent les situations à risques."

La Direccte enjoint les entreprises à "veiller à évaluer les risques propres à chaque situation de travail" et à "prendre les mesures permettant aux salariés de travailler en sécurité en tenant compte du risque nouveau lié au Covid-19 et du contexte de la reprise."

F.B avec AFP