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Gueule de bois pour les foires aux vins de cet automne

La foire aux vins s'est avérée moins intéressante en 2019 pour les clients.

La foire aux vins s'est avérée moins intéressante en 2019 pour les clients. - Wiki Commons

De septembre à octobre, les commerces ont moins gagné lors de la foire aux vins d’automne.La loi Alimentation sur l’encadrement des promotions est pointée du doigt.

La loi Alimentation est-elle responsable de la baisse des ventes du vin? C’est l’analyse du cabinet Nielsen, référence dans le secteur alimentaire. Il publie un rapport sur le marché du vin lors de la Foire d’Automne, et le résultat est morose: le chiffre d’affaires sur le vin dans les hypers, supermarchés, drives et magasins de proximité a reculé de 10% par rapport à l’année dernière, sur les huit semaines promotionnelles d’automne. Cette période est pourtant clé pour la grande distribution, qui y réalise environ un quart de ses ventes annuelles au rayon vins.

Forte baisse pour le Champagne

L’ambiance n’est pas à la fête pour le champagne qui accuse la plus forte baisse: 34% de chiffre d’affaires en moins. Le bordeaux voit également rouge, avec un recul de 8,6%. Le seul à reprendre des couleurs, c’est le vin blanc, avec une petite hausse de 1%.

L’année dernière, la Foire aux vins avait également été décevante, avec des ventes en recul de 2% en valeur et de près de 4,5% en volume par rapport à l’année précédente. Malgré une hausse du nombre de références dans les catalogues. Et une consommation d'alcool qui stagne plus qu'elle ne baisse depuis cinq ans.

"Traditionnel pic de ventes, les foires se sont avérées moins intéressantes pour les clients du rayon cette année, et le déficit d'offres promotionnelles a nettement pénalisé les vins dans leur ensemble", résume le cabinet Nielsen.

Loi Alimentation appliquée depuis cette année

Cette chute serait due à l’application de la loi Alimentation. Censée profiter aux producteur, elle encadre la promotion des produits alimentaires chez les distributeurs. Depuis quelques mois, les promotions ne peuvent plus excéder 34% du prix de vente au consommateur. Ni 25% du chiffre d’affaires ou du volume prévisionnel d’achat entre le fournisseur et le distributeur.

Par ailleurs, une augmentation du prix des alcools a été enregistrée, du moins entre janvier et mars, et sur les alcools forts et les vins mousseux. C’était une des conséquences possible de la loi Alimentation, qui limite les ventes à perte du distributeur. Avant la loi, le distributeur n’appliquait généralement pas de fortes marges sur les alcools, donc la loi les a obligés à les relever. Pour compenser cette hausse et ne pas bouleverser le prix du panier, les supermarchés ont généralement baissé leurs marges sur d’autres produits où ils appliquaient cette fois-ci de fortes marges. D’après Nielsen, le marché des produits de grande consommation est globalement resté stable en automne.

Fanny Guyomard avec AFP