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Gins, rhums, bières.... pourquoi le prix de l'alcool grimpe en flèche

Selon Nielsen, ce sont les références de surgelé salé et d’alcools qui ont vu leur prix augmenter le plus, avec des hausses au-delà de +3% depuis deux mois.

Selon Nielsen, ce sont les références de surgelé salé et d’alcools qui ont vu leur prix augmenter le plus, avec des hausses au-delà de +3% depuis deux mois. - Patrick Hertzog-AFP

Dans les hypermarchés, les gins, rhums, bières et anisés sont en tête des plus fortes hausses de prix: respectivement +8,8%, +8,6%, +7,3% et +6,8%. Cette flambée des prix, constatée entre le 26 janvier et le 29 mars, est causée par la loi Alimentation qui a obligé la grande distribution à augmenter ses marges.

Le constat est clair: certains produits alimentaires ont vu leur prix valser dans la grande distribution depuis plusieurs semaines. Selon le cabinet d'études Nielsen, qui a analysé les 1000 références produits les plus vendues, ce sont les références de surgelé salé et d’alcools qui ont vu leur prix augmenter le plus, au-delà de +3% depuis deux mois.

Ce constat s'appuie sur les hausses de prix moyennes constatées sur l’ensemble des PGC (Produits de Grande Consommation) et les références majeures des marques fabricants depuis le 26 janvier 2019, quelques jours avant l'entrée en vigueur de la loi Alimentation, le 1er février.

Les champagnes ont été "raisonnables" avec + 1,1%

Au sein des alcools du top 1000 des références produits analysées par Nielsen, gins, rhums, bières et anisés sont en tête des plus fortes hausses de prix avec respectivement +8.8%, +8.6%, +7,3% et + 6,8%. En bas de ce palmarès de la valse des étiquettes, les vodkas (+ 2,4%), et les champagnes (+ 1,1%) ont été raisonnables, quand les vins mousseux ont vu leurs prix augmenter de +5.3%.

En bas de ce palmarès de la valse des étiquettes des alcools (cf infographie ci-dessous) figurent les vodkas (+ 2,4%) et les champagnes (+ 1,1%) qui ont été plutôt raisonnables, quand les vins mousseux ont vu leurs prix flamber de +5.3%.

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- © Source: Nielsen

Cette hausse des prix de certains produits alimentaires constatée depuis le 26 janvier est la conséquence directe de la hausse de 10% du seuil de revente à perte (SRP) voulue par la loi Alimentation appliquée le 1er février 2019.

Autrement dit, les produits alimentaires revendus par la grande distribution avec des marges de moins de 10 % ont augmenté. On peut ainsi en déduire que les alcools dont les prix ont le plus augmenté sont ceux sur lesquels les hypermarchés réalisaient de faibles marges qu'ils ont dû relever pour se conformer à la loi.

La distribution a panaché hausses et baisses de prix

Toutefois, la grande distribution a globalement modulé ses marges à la baisse sur d’autres produits (certaines marques de distributeurs) pour que sur un panier moyen de courses, l’impact en termes de hausses de prix pour le consommateur soit neutre.

C'est ce qu'a constaté Nielsen. "En considérant l’ensemble des produits de grande consommation, les prix ont augmenté de 0.1% entre le 26 janvier et le 29 mars dernier. Cette quasi-stabilité s’explique par d’un côté la hausse des prix des références des marques fabricants (ainsi que des MDD premiers prix), et de l’autre la baisse significative du prix des MDD coeur de gamme. Ces dernières (30% des ventes en France) compensent ainsi les hausses observées" relève le cabinet d'études.

Frédéric Bergé