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Grève: le patron de la SNCF évalue à 600 millions d'euros le manque à gagner

"Nous avons perdu près de 600 millions d'euros, sans compter les dédommagements pour les voyageurs de la vie quotidienne et les chargeurs qui vont quitter le ferroviaire pour repasser à la route", a déclaré Jean-Pierre Farandou dans une vidéo diffusée en interne.

"Nous avons perdu près de 600 millions d'euros, sans compter les dédommagements pour les voyageurs de la vie quotidienne et les chargeurs qui vont quitter le ferroviaire pour repasser à la route", a déclaré Jean-Pierre Farandou dans une vidéo diffusée en interne. - Thomas Samson-AFP

Le président de la SNCF évalue à 600 millions d'euros le chiffre d'affaires perdu depuis le début de la grève le 5 décembre. L'ampleur de ce manque à gagner a été dévoilé par Jean-Pierre Farandou dans une vidéo diffusée au sein de l'entreprise publique ferroviaire.

La grève qui atteint son trente troisième jour à la SNCF lui a déjà coûté une somme considérable. La grève contre la réforme des retraites, qui perturbe fortement le trafic ferroviaire depuis le 5 décembre, a occasionné un manque à gagner de plus de 600 millions d'euros à la SNCF, a indiqué son patron Jean-Pierre Farandou dans ses voeux aux cheminots ce lundi.

"Nous avons perdu près de 600 millions d'euros, sans compter les dédommagements pour les voyageurs de la vie quotidienne et les chargeurs qui vont quitter le ferroviaire pour repasser à la route", a déclaré Jean-Pierre Farandou dans une vidéo diffusée en interne.

Une perte de 20 millions de recettes par jour

Le 24 décembre dernier, le patron de la SNCF avait déclaré, "nos estimations de perte de 20 millions d’euros de recettes par jour sont de bons ordres de grandeur. Donc, au bout de vingt jours, on est à 400 millions d’euros de chiffre d’affaires qui n’aura pas été réalisé dans la période" dans un entretien au journal Le Monde.

"Les comptes 2019 seront fortement impactés par ce conflit, d’autant plus qu’on n’est pas encore au bout du décompte des conséquences économiques" ajoute le président de la SNCF ce lundi. Les pertes commerciales sont en effet loin d'être compensées par les économies en salaires, en électricité et en carburant. S'ajoutent les compensations qu'elle devra verser aux voyageurs et aux régions qui subventionnent les transports locaux --qu'il est difficile de quantifier à l'avance-- et les coûts engendrés par la recherche de transports de substitution.

A titre d'exemple, la grève par épisodes contre la réforme ferroviaire, deux jours sur cinq du 3 avril au 28 juin 2018, avait coûté environ 890 millions d'euros de manque à gagner de chiffre d'affaires et amputé de 790 millions la marge opérationnelle.

"Je formule le voeu que la grève qui a démarré le 5 décembre dernier, il y a plus d'un mois, s'arrête. Cette grève perturbe lourdement la vie des Français, affecte l'économie de notre pays et abîme notre entreprise", a-t-il déploré ce lundi dans ses voeux diffusés en vidéo.

Les cheminots en grève, "je respecte leur position", a-t-il observé, après avoir remercié ceux qui travaillent. "Je voudrais toutefois qu'ils prennent conscience des avancées obtenues en termes de transition entre le régime spécial et le nouveau système", a-t-il relevé. "Je rappelle que 58% des cheminots statutaires, dont 3 conducteurs sur 4, ne sont pas concernés. Et je rappelle que pour les cheminots statutaires concernés, la transition sera très progressive et les modalités de calcul de leurs retraites donneront un résultat très proche du régime actuel."

Un calcul des droits à retraite qui préserve les acquis

À propos du calcul du montant des futures pensions de ces cheminots concernés par la transition, il expliquait au Monde, la veille de Noël, que "le mécanisme respecte le principe des droits acquis et du calcul sur les six derniers mois pour la partie régime spécial." Et d'ajouter: "la partie à points du régime universel fait entrer dans le calcul des éléments de rémunérations absents du régime spécial : primes pour travail de nuit ou travail du week-end, par exemple".

Enfin, concernant l'âge de départ à la retraite, il précise "qu'il sera remonté très progressivement en tenant compte de la durée passée au statut".

Frédéric Bergé avec AFP