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Fuite de Carlos Ghosn: prison requise en Turquie pour des complices présumés

L'ancien patron de Renault Nissan Carlos Ghosn, le 29 septembre 2020 à Jounieh, au Liban

L'ancien patron de Renault Nissan Carlos Ghosn, le 29 septembre 2020 à Jounieh, au Liban - ANWAR AMRO © 2019 AFP

Ces trois ressortissants turcs sont accusés d'avoir aidé l'ancien patron de l'Alliance Renault-Nissan dans sa fuite rocambolesque du Japon fin 2019.

Un procureur d'Istanbul a requis mercredi des peines de prison ferme pour trois ressortissants turcs accusés d'avoir aidé l'ancien patron de l'Alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn dans sa fuite rocambolesque du Japon fin 2019.

Carlos Ghosn, accusé au Japon de malversations financières, avait fui le pays à bord d'un jet privé appartenant à une compagnie turque qui s'est posé à Istanbul, avant de se rendre au Liban où il a trouvé refuge.

Un haut responsable de la compagnie de location de jets privés MNG Jet, quatre pilotes et deux hôtesses de l'air, soit sept ressortissants turcs au total, sont jugés depuis juillet dernier devant un tribunal d'Istanbul.

Conditions spectaculaires

Mercredi, le procureur a requis de la prison ferme contre le responsable de MNG Jet, Okan Kösemen, et deux des pilotes, Noyan Pasin et Bahri Kutlu Sömek, pour "trafic de migrants en bande organisée", un délit passible de 12 ans de prison, selon une journaliste de l'AFP présente au tribunal.

Il a estimé que les deux autres pilotes devraient être poursuivis pour "non-dénonciation d'un délit" et demandé l'acquittement des deux hôtesses.

La procédure judiciaire turque a permis de mettre en lumière les conditions spectaculaires de la fuite du magnat déchu âgé de 66 ans, détenteur de trois nationalités (française, libanaise et brésilienne).

Selon les enquêteurs, le fugitif a effectué le trajet entre Osaka (ouest du Japon) et Istanbul caché dans un volumineux caisson pour instrument de musique dans lequel 70 trous avaient été percés afin de lui permettre de respirer.

Un virement de 250.000 euros

D'après le procureur turc, deux complices présumés de Carlos Ghosn, Michael Taylor, ancien membre des forces spéciales américaines, et George-Antoine Zayek, un ressortissant libanais, ont "recruté" Okan Kösemen, le cadre inculpé de la compagnie turque MNG Jet, pour assurer le transit sans encombre à Istanbul.

Selon l'acte d'accusation, le jet privé s'est posé à l'aéroport Atatürk à Istanbul, puis Carlos Ghosn est monté à bord d'un second appareil qui a décollé pour Beyrouth.

Les autorités turques accusent Okan Kösemen d'avoir reçu plusieurs virements pour un montant total supérieur à 250.000 euros dans les mois qui ont précédé la fuite de Carlos Ghosn.

L'avocat d'Okan Kösemen a réclamé mercredi l'acquittement de son client. Le procès a été ajourné au 24 février.

OC avec AFP