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Eurolines (FlixBus): poursuite d'activité sous administration judiciaire pendant un mois

Flixbus garantit un nettoyage approfondi de ses cars avant le trajet et la désinfection après le trajet.

Flixbus garantit un nettoyage approfondi de ses cars avant le trajet et la désinfection après le trajet. - Thomas Samson-AFP

Le transporteur Eurolines menanacé par une liquidation judiciaire poursuivra son activité sous administration judiciaire pendant un mois a ordonné le tribunal de commerce de Nanterre

Le tribunal de commerce de Nanterre a ordonné mercredi la poursuite d'activité sous administration judiciaire pendant un mois du transporteur Eurolines, filiale du groupe allemand FlixBus, menacé par une liquidation judiciaire, selon l'avocat du conseil social et économique (CSE) d'Eurolines.

Durant l'audience, qui s'est tenue à huis clos, la direction de FlixBus a demandé l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire pour sa filiale d'autocars interurbains, rachetée il y a à peine un an à Transdev. Mais le tribunal a demandé une poursuite d'activité sous administration judiciaire pendant un mois, s'est félicité Me Pierre-François Rousseau qui défend les intérêts des salariés d'Eurolines.

"On a obtenu un sursis" et les administrateurs judiciaires vont pouvoir "regarder si le groupe FlixBus n'a pas volontairement mis des conditions en place pour que la société Eurolines soit liquidée", a-t-il expliqué.

Rachetée en 2019 par FlixBus

Le fait que la direction de FlixBus "utilise le prétexte du Covid pour la liquider nous fait surtout penser que c'était un prétexte (...) pour se débarrasser d'un 'concurrent' qui lui prenait des parts de marché sur un marché extrêmement concurrentiel", a poursuivi Me Rousseau. Une dizaine de salariés était présente devant la salle d'audience. "C'est une honte", ont-ils lancé au passage du directeur général de FlixBus France Yvan Lefranc-Morin. Celui-ci n'a pas souhaité faire de commentaire, tout comme l'avocat de la société.

Rachetée au printemps 2019 par FlixBus qui est son unique actionnaire, Eurolines, dont le siège social est à Nanterre, compte une centaine de salariés, dont 70 sont déjà concernés par un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) encore en cours, selon Mohamed Bessaoud, délégué syndical de la CGT Eurolines.

En cas de liquidation judiciaire, les 35 salariés restants "vont partir avec le minimum" en termes d'indemnités de licenciement et les salariés concernés par le PSE risquent de perdre les indemnités de licenciement supra-légales négociées précédemment, s'inquiète le syndicaliste. Ces salariés sont principalement employés dans les fonctions administratives et aux guichets d'Eurolines, bien implantée à la gare routière de Paris-Gallieni, à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). La prochaine audience est prévue le 21 juillet.

A.-K.M avec AFP