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VTC: l'intersyndicale appelle les clients à boycotter Uber

Les syndicats appelles les utilisateurs au boycott

Les syndicats appelles les utilisateurs au boycott - Jacques Demarthon - AFP

Trois syndicats demandent aux clients de se déconnecter de la plateforme pour pousser Uber à mieux rémunérer ses chauffeurs.

L'appel au boycott est lancé. L'intersyndicale VTC (CFDT, Actif et UDCF) a appelé mardi les clients d'Uber à se déconnecter de la plateforme pour la pousser à "améliorer la rémunération de ses chauffeurs", et les candidats à la présidentielle à "soutenir ce boycott".

Considérant que la négociation engagée en février avec la plateforme leader du marché était dans l'impasse, Fred Gnaore (UDCF) a déclaré, lors d'une conférence de presse, vouloir ainsi "responsabiliser" les clients d'Uber, pierre angulaire d'une "économie se jouant à trois".

"Lorsque vous utilisez les services d'Uber, vous validez un modèle économique ne permettant pas aux chauffeurs de gagner leur vie", a expliqué Yazid Sekhri (CFDT VTC Loti). "Il n'est plus acceptable qu'un travailleur soit au volant de sa voiture 60 heures par semaine six jours sur sept pour toucher 1.700 euros nets maximum", a-t-il ajouté, s'exprimant au nom de l'intersyndicale.

De "bons élèves"

Jean-Luc Albert (Actif-VTC) a pour sa part poussé les clients à se demander "si la vigilance d'un chauffeur était encore intacte" après 16 heures de travail.

Les trois organisations de chauffeurs appellent au boycott "tant qu'Uber n'aura pas, par des propositions concrètes dans le cadre d'une négociation, répondu aux revendications des chauffeurs portées par notre intersyndicale".

De facto, elles invitent les clients à se tourner vers d'autres applications, constatant qu'il existe de "bons élèves" pratiquant des "commissions entre 12% et 20%" (contre 25% pour Uber), et des tarifs horokilométriques "décents".

Vers un tarif minimum

Concrètement et "afin de rendre ce boycott plus visible", elles demandent aux clients d'Uber de "se déconnecter et poster une copie de son écran après sa déconnexion avec le hashtag #jeboycotteUBER". Des distributions de tracts sont également prévues et une pétition lancée sur change.org "pour qu'Uber améliore les conditions de rémunération de ses chauffeurs".

Vendredi, ces organisations avaient obtenu du secrétaire d'Etat aux Transports qu'il lance des travaux pour la mise en place d'un tarif minimum applicable au secteur des VTC. Le médiateur chargé de déminer le conflit entre chauffeurs et plateformes avait fait cette recommandation si des améliorations n'étaient pas apportées par ces dernières.

Le directeur Europe de l'Ouest d'Uber, Thibaud Simphal, devait être reçu mardi matin par Alain Vidalies.

J.M. avec AFP