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VTC: l’attaque médiatico-fiscale de Chauffeur-Privé contre Uber France

Uber a décidé de ne pas commenter la campagne de Chauffeur Privé qui sera affichée début septembre dans les gares parisiennes et lyonnaises..

Uber a décidé de ne pas commenter la campagne de Chauffeur Privé qui sera affichée début septembre dans les gares parisiennes et lyonnaises.. - Chauffeur Privé

La campagne de publicité de Chauffeur-Privé pointe les pratiques d’optimisation fiscale d’Uber. Pour la société française, c’est une concurrence déloyale qui défavorise son activité et celle des autres prestataires français, qu'ils soient taxis ou VTC.

Les taxis ne sont pas les seuls à voir le système d’optimisation fiscale d’Uber comme une forme de concurrence déloyale. Chauffeur-Privé, la société française de VTC concurrente du groupe américain s’estime elle aussi lésée par ces pratiques et tient à le faire savoir haut et fort.

Pour cela, la société fondée et dirigée par Yan Hascoet a lancé une campagne d’affichage inédite qui épingle son concurrent, non pas sur la qualité du service, ni même le professionnalisme des chauffeurs puisque beaucoup travaillent pour les deux entreprises. Chauffeur-Privé vise un point qui peut faire mal: la situation fiscale d'Uber France.

Le logo d’Uber a même été utilisé avec un slogan: "Ne tombez plus dans le panneau". Cette campagne audacieuse sera dévoilée au public dans les gares parisiennes et lyonnaises du 1er au 7 septembre.

Pour Yan Hascoet, il ne s’agit pas seulement de tacler un concurrent. "On veut simplement présenter les faits (...) pour que les consommateurs nous choisissent", a expliqué à l'AFP le dirigeant de la plateforme de réservation de VTC lancée en 2012.

Une improbable bataille judiciaire

"Chez nous, 100% de nos impôts ont la France pour terminus", martèle-t-il avant de rappeler des faits. "Uber France, dont les revenus sont complètement remontés aux Pays-Bas", n'a "payé aucun impôt en 2014 et facture sans TVA depuis l'étranger". Et pour motiver les élus français et européens à agir, il précise que cette pratique est "légale jusqu'à preuve du contraire". "Il faudrait que les élus s'emparent du sujet. Ils ont mis en place un règlement fiscal européen qui se retourne contre les entreprises européennes. C'est absurde", a confié le dirigeant à BFM Business.

Mais avant que les choses changent, il met le consommateur face à ses choix: "Soutenir une boîte qui va remonter 100% des bénéfices à ses actionnaires ou une boîte qui va redonner sa juste part à la société en payant ses impôts localement".

La campagne a coûté 100.000 euros, mais l’addition pourrait se rallonger si Uber France décide d’attaquer en justice pour détournement de logo. Pour l’heure, Yan Hascoet ne se soucie pas de la réplique de son concurrent. "On le saura bien assez tôt". Il risque d’attendre, car Uber France, que nous avons contacté, ne désire faire aucun commentaire, certainement pour ne pas amplifier la campagne de son concurrent en créant un retentissement médiatico-judiciaire.

Créé en 2012, Chauffeur-Privé dispose d'un parc de 12.000 véhicules à Paris et à Lyon. Mais déjà, l'entreprise évoque ses ambitions internationales. "Nous en reparlerons dans les semaines ou les mois à venir, mais nous planchons sérieusement sur ce dossier", nous a révélé le patron.

Pascal Samama