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Uber enregistre des pertes colossales mais cela ne va pas durer

Uber pourrait toutefois connaître des jours meilleurs

Uber pourrait toutefois connaître des jours meilleurs - Freestocks- Pexels - CC

Lors d'une réunion avec quelques investisseurs, le directeur financier du groupe a reconnu que l'application avait perdu au moins 1,3 milliard de dollars sur le premier semestre. Confronté à une guerre des prix, Uber a dû faire d'importantes concessions tarifaires.

D'ordinaire, la santé financière d'Uber est un secret (relativement) bien gardé. Le groupe n'étant pas coté, il n'est pas tenu de publier ses résultats. Mais il arrive que les indiscrétions et les fuites trahissent cette culture de la discrétion.

Ainsi lors d'une réunion avec quelques investisseurs, le directeur financier du groupe californien, Gautam Gupta, a ainsi donné l'état des pertes du groupe, rapporte Bloomberg qui cite une personne proche du dossier.

Au premier trimestre, il a ainsi perdu 520 millions de dollars, avant amortissements et dépréciations, paiement des charges d'intérêt et des impôts. Ces pertes se sont ensuite alourdies (750 millions de dollars) au deuxième trimestre, ce qui signifie qu'Uber a perdu sur les six premiers mois de l'année au moins 1,27 milliards de dollars. Une somme colossale pour Uber puisqu'elle représenterait plus de la moitié des revenus du groupe, qui s'élèverait à environ 2 milliards de dollars sur le premier semestre 2016.

Déjà en 2015, le groupe avait englouti près de 2 milliards de pertes. Et, depuis sa création, ce sont près de 4 milliards de dollars qui sont partis en fumée.

Des "subventions" qui coûtent

"Vous allez avoir du mal à trouver une entreprise dans ce secteur qui perde autant d'argent aussi vite", affirme à Bloomberg Aswath Damodaran, un enseignant à la New York University qui a consacré plusieurs posts de son blog à Uber.

Qu'est-ce qui explique ces pertes massives? Pour les six premiers mois de 2016, Gautam Gupta indique qu'elles sont essentiellement dues aux "subventions" que le groupe verse à ses chauffeurs. Comme l'explique Forbes, Uber, confronté à une véritable guerre des prix sur plusieurs marchés, a été obligé de réduire le tarif de ses courses, pariant ainsi sur les volumes pour se rattraper. Pour ne pas voir les chauffeurs déserter son application et travailler avec la concurrence, le groupe leur a consenti des aides financières.

Guerre des prix en Chine

Uber n'est d'ailleurs pas le seul à agir de la sorte. En Chine, Didi Chuxing, champion local des VTC, a longtemps fait de même. Les deux compagnies ont ainsi mené pendant longtemps une véritable guerre pour gagner des parts de marché. Mais cette guerre était coûteuse. Selon le Financial Times, Uber dépensait pas moins de 1 milliard de dollars par an en "subventions" en Chine. C'est ainsi l'un des éléments qui a poussé Uber à signer une trêve, le 1er août dernier, en décidant de fusionner ses activités avec Didi Chuxing.

Bloomberg souligne d'ailleurs que cette décision devrait permettre à Uber de respirer un peu sur la deuxième partie de l'année. Les pertes du groupe devraient ainsi se réduire largement au second semestre. Histoire d'éviter d'entamer le cash du groupe qui s'élève quand même à 8 milliards de dollars.