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Volkswagen obligé de vendre ses parts dans Suzuki

L'instance d'arbitrage de la Chambre internationale de commerce a enjoint Volkswagen de céder les 20% du capital de Suzuki qu'il détient.

L'instance d'arbitrage de la Chambre internationale de commerce a enjoint Volkswagen de céder les 20% du capital de Suzuki qu'il détient. - Roberto Schmidt - AFP

Suzuki va récupérer ses actions détenues par Volkswagen après un litige de 4 ans. Il aura fallu l'intervention d'un tribunal arbitral pour que l'allemand accepte de céder ses parts dans le nippon.

Le constructeur automobile japonais Suzuki a annoncé dimanche son intention de racheter ses propres actions détenues par le groupe allemand Volkswagen, après avoir obtenu gain de cause en justice dans ce litige vieux de quatre ans. Suzuki avait signifié le 18 novembre 2011 à Volkswagen la fin de leur relation, et cherchait depuis à reprendre les 19,9% de son capital qu'avait acquis VW pour sceller leur alliance conclue fin 2009, ce que l'allemand refusait.

Saisie par la firme nippone, l'instance d'arbitrage de la Chambre internationale de commerce, basée à Londres, a jugé que l'accord entre les deux groupes avait été rompu dans les règles et "a ordonné à Volkswagen de céder sans délai ses parts à Suzuki ou à une tierce partie désignée par Suzuki", a indiqué ce dernier dans un communiqué.

On ne se remarie pas avec quelqu'un dont on a divorcé

Osamu Suzuki, président du conseil d'administration, s'est dit "satisfait" de cette décision lors d'une conférence de presse à Tokyo, sans revenir sur les raisons du contentieux. "C'était une expérience précieuse. J'ai appris qu'il existait différents types de compagnies", a-t-il simplement déclaré. Interrogé sur la possibilité d'autres accords avec Volkswagen dans le futur, il a répondu qu'"on ne se remariait pas avec quelqu'un dont on a divorcé", soulignant que la compagnie préférait faire sa route "de manière indépendante".

Initialement, Suzuki espérait bénéficier de l'expertise de Volkswagen dans les technologies hybrides et vertes, tandis que le géant allemand espérait développer avec son partenaire japonais des petites voitures pour les marchés émergents. Mais selon Suzuki, VW a contrevenu à maintes reprises au contrat entre les deux entreprises, en lui refusant l'accès à ses technologies.

D'éventuels dommages et intérêts

Volkswagen juge quant à lui que Suzuki a fauté en s'approvisionnant en moteurs diesel auprès du concurrent italien Fiat. Ces allégations "de violation de l'accord par Suzuki ont été partiellement retenues, et le tribunal se prononcera ultérieurement sur le montant d'éventuels dommages et intérêts", a précisé le constructeur nippon.

Suzuki ne prévoit pas à ce stade d'impact sur ses projections financières pour l'ensemble de l'exercice clos fin mars 2016. Il avait dit début août anticiper un chiffre d'affaires en hausse de 2,8%, à 3.100 milliards de yens (22,7 milliards d'euros), tandis que le gain opérationnel est attendu à 190 milliards de yens (+5,9%), et le bénéfice net à 110 milliards (+13,6%).

N.G. avec AFP