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Volkswagen et ses moteurs truqués visés par la justice espagnole

La justice espagnole lance une enquête contre Volkswagen.

La justice espagnole lance une enquête contre Volkswagen. - Tobias Schwarz - AFP

Une enquête contre le constructeur a été ouverte en Espagne. La justice espagnole exige la liste des voitures concernées par le "dieselgate" et toutes les informations sur le logiciel de trucage des mesures de pollution et son installation dans les modèles vendus localement.

La tempête continue de gronder contre Volkswagen. La justice espagnole a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête contre le constructeur automobile allemand pour escroquerie dans le cadre du vaste scandale de ses moteurs diesel truqués.

Un juge de l'Audience nationale, spécialisée dans les grandes affaires économiques, a accepté de se saisir de cette enquête portant sur de possibles délits d'escroquerie, d'atteinte à l'environnement ou encore d'infraction aux normes de protection des consommateurs, a fait savoir le tribunal.

Dans son ordonnance, qui peut encore faire l'objet d'un recours, le juge demande à Volkswagen de lui transmettre "la totalité des communiqués officiels sur cette affaire", la liste des voitures concernées, l'organigramme de Volkswagen en Espagne, et toutes les informations sur le logiciel de trucage des mesures de pollution et son installation en Espagne.

Le Parquet avait réclamé le 19 octobre l'ouverture d'une enquête, suite aux plaintes d'un syndicat de fonctionnaires, Mains propres, partie civile dans la plupart des affaires politico-financières, d'une association internationale pour la défense des personnes victimes de la fraude sur les moteurs VW et d'une autre pour la défense des victimes de fraudes de la part d'entités financières.

Enquêtes judiciaires dans plusieurs pays

Le géant automobile, fleuron de l'industrie allemande, avait avoué en septembre avoir installé sur les moteurs diesel de 11 millions de véhicules dans le monde un logiciel capable de fausser les résultats des tests antipollution. Un séisme pour le groupe, qui a essuyé au troisième trimestre sa première perte trimestrielle en 15 ans. Volkswagen est sous le coup d'enquêtes judiciaires dans plusieurs pays dont l'Allemagne, la France et l'Italie. Des plaintes ont aussi été déposées dans plusieurs pays, dont des "class actions" aux Etats-Unis et des tests sont menés sur des voitures diesel de concurrents, notamment en France.

Volkswagen doit à présent gérer le rappel de 8,5 millions de voitures en Europe et 480.000 aux Etats-Unis. Une opération difficile, qui va lui coûter des milliards d'euros. Parmi les marques concernées se trouve l'espagnole Seat, rachetée par le groupe allemand dans les années 1980. Le groupe possède en Espagne des usines en Catalogne (Nord-est) et en Navarre (Nord) et y fabrique des Seat mais aussi des modèles sous sa marque et pour Audi.

D. L. avec AFP