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Volkswagen dément avoir été mis sous pression par le Qatar 

Le Qatar est le troisième actionnaire de Volkswagen

Le Qatar est le troisième actionnaire de Volkswagen - Odd Andersen - AFP

Le groupe allemand a assuré ce dimanche que l'émirat ne l'a pas poussé à réduire l'influence de ses syndicats, contrairement à ce qu'affirme le Bild am Donnerstag.

Volkswagen a démenti ce dimanche 6 décembre une information voulant que le Qatar, son troisième actionnaire, ait exhorté ses dirigeants à s'efforcer de réduire l'influence de ses puissants syndicats.

Le président du directoire Matthias Müller et le président du conseil de surveillance Dieter Pötsch ont rencontré les responsables de la Qatar Investment Authority (QIA) dimanche à Doha pour faire le point des investigations sur le scandale des tests d'émissions, sur la nouvelle structure de l'entreprise et sur son activité à venir, ont dit deux sources au fait du dossier.

L'influence des représentants du personnel

L'hebdomadaire Bild am Sonntag écrit, sans citer de sources, que la QIA comptait profiter de cette réunion pour réclamer un amoindrissement du rôle du comité d'entreprise. Le comité d'entreprise de Volkswagen, autant représenté que les actionnaires au conseil de surveillance de 20 sièges de Volkswagen, jouit d'une influence certaine et a été épargné par le passé par les mesures d'économie.

"La co-détermination (prise de décision commune par l'entreprise et ses délégués du personnel) et le (rôle) du comité d'entreprise ne figuraient pas à l'ordre du jour des discussions", a déclaré un porte-parole de Volkswagen qui avait dit auparavant que les discussions de Matthias Müller avec le Qatar "s'inscrivent dans la communication de la nouvelle direction de Volkswagen avec un associé important".

La QIA, qui détient 17% du capital de Volkswagen, s'est refusé à tout commentaire, tout comme le comité d'entreprise.

Le scandale des tests d'émission truqués a sapé la capitalisation boursière de Volkswagen et Matthias Müller a fait savoir qu'il faudrait réaliser des économies massives pour payer une ardoise qui, de l'avis des analystes, pourrait dépasser les 40 milliards d'euros.

Le conseil de surveillance de Volkswagen tiendra une réunion extraordinaire le 9 décembre pour discuter des investigations et de la marque haut de gamme Audi, dont les moteurs diesel V6 3,0 litres étaient aussi équipés d'un logiciel de contournement des tests d'émission.

Matthias Müller, qui doit rendre publics le 10 décembre les premières conclusions d'une enquête interne sur le scandale, s'emploie à refondre l'organigramme du constructeur depuis sa prise de fonction le 25 septembre. Il entend décentraliser une partie des prérogatives du siège social de Wolsburg vers les marques et les représentations régionales, promouvoir une méthode de management moins autoritaire et développer les véhicules électriques.

Le Qatar, qui dispose de deux sièges au conseil de surveillance, réclamera aussi que Volkswagen mette en avant les véhicules électriques aux Etats-Unis afin de regagner du terrain sur le deuxième marché automobile mondial, écrit encore Bild am Sonntag.

J.M. avec Reuters