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Voici Kwid, la voiture ultra low cost de Renault pour conquérir l'Inde

La marque au losange a levé le voile ce mercredi 20 mai sur cette automobile commercialisé au second semestre 2015 à 4.000 euros pour le modèle de base.

"Un véhicule de conquête". L'expression est à la mode chez Renault. De même que la lettre K. L'une et l'autre avaient déjà servi lors de la présentation de son dernier SUV, le Kadjar, grand frère du Captur. Aujourd'hui, le nouveau véhicule de conquête s'appelle le Kwid.

Ce modèle, présenté à la presse ce mercredi 20 mai à Chennai en Inde, vient marquer l'incursion de Renault dans l'ultra low cost. Son prix de départ sera ainsi situé entre 300.000 et 400.000 roupies soit entre 4.200 euros et 5.600 euros.

Le Kwid sera fabriqué en Inde où sa commercialisation est prévue pour le second semestre 2015. Une localisation qui doit permettre à Renault de minimiser au maximum le coût de production comme l'a expliqué Carlos Ghosn.

"Cette voiture a été développée au plus près du marché. Les fournisseurs sont à 98% en Inde. Nous ne pouvons pas être compétitifs si nous n'utilisons pas les ressources de l'Inde", a en effet affirmé le patron de l'alliance Renault-Nissan en conférence de presse.

"Cela fait plusieurs années que nous travaillons (sur ce modèle ndlr). Nous avons pour cela du réunir les expertises de Renault et de Nissan, les associer à la créativité indienne qui est particulièrement douée en matière de frugalité, c’est-à-dire comment faire beaucoup avec très peu de moyens", a-t-il ensuite déclaré au micro de BFM Business.

Une part de marché qui doit plus que doubler

Cette automobile ultra low cost doit permettre à de développer ses ambitions sur le marché indien, où le groupe voit un important potentiel. Ce marché ne compte en effet que 20 véhicules pour 1.000 habitants contre 105 pour la Chine, 300 pour la Russie ou encore 600 en Europe. Renault voit ainsi le parc automobile doubler sur ce pays, passant de 2,5 millions de véhicules à 5 millions d'ici 2018-2020.

Le groupe de Carlos Ghosn compte dès lors capter au mieux la croissance indienne en faisant passer sa part de marché, actuellement à 2%, à 5% "à moyen terme". Renault explique que sur le segment A (les mini-citadines), qui représente 30% des ventes en Inde, les clients "aspirent à accéder à des véhicules plus grands et plus haut de gamme".

Or le constructeur vante le Kwid, qui se situe sur le segment A-mini, comme une auto qui s'approprie les codes et l'architecture des SUV avec des "prestations inédites" sur le segment. D'où la déclaration de Carlos Ghosn qui voit dans le Kwid "un véhicule de conquête (...) destiné à se vendre à des gros volumes" en Inde.

"Cette voiture a un design très moderne et offre une très bonne économie en matière d'essence ainsi que des fonctionnalités que les concurrents n'ont pas. On a ainsi réussi à avoir une voiture à forte valeur ajoutée et à un prix très modéré", s'est encore réjoui le patron de Renault-Nissan. 

Après l'Inde, le Kwid devrait se lancer à l'assaut d'autres pays, notamment le Brésil, deuxième marché du groupe après la France. Ensuite, "la voiture finira par venir en Europe", selon une source interne à Renault citée par Challenges. La production serait alors localisée dans le bassin méditerranéen. Le site de Tanger au Maroc a déjà été cité par la presse à plusieurs reprises. Le Kwid destiné au marché européen -dont on ignore si il sera vendu sous la marque Renault ou Dacia- ne coûtera évidemment pas 4.000 euros. Les normes exigées pour vendre une automobile au sein de l'UE ne permettent pas de tirer les prix aussi bas qu'en Inde.