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 Vélos cassés, absence de pièces détachées… le fiasco Vélib’ continue

Le vélo en libre-service parisien reste en proie à des difficultés pour assurer un service optimal, plus d'un an après son lancement. L'opérateur Smovengo laisserait délibérément en station des vélos cassés ou inutilisables et ferait face au manque de pièces détachées.

Smovengo n'est pas sorti d'affaire. Le Vélib' continue d'être confronté à des difficultés de service, un an et quatre mois après le lancement de sa deuxième version. Même si le nombre de courses a progressé ces derniers mois, Vélib' n'est toujours pas 100% opérationnel.

Les utilisateurs éprouvent toujours des difficultés pour décrocher un vélo et aux stations les vélos en mauvais état son nombreux. Et pour cause, selon des informations du blog Parigo de France3 Ile-de-France, dont BFM Paris a pu avoir confirmation, Smovengo aurait donné consigne aux agents de laisser en place des vélos cassés.

"Il est demandé de ne pas ramasser tous les Vélib' HS. Conséquence: certains Vélib' peuvent rester deux mois avant d'être rapatrié", confie à BFM Paris une source en interne. 

1/4 des vélos hors service selon Paris en Selle

Des vélos avec des pneus crevés, des vitesses qui font défaut ou plus dangereux encore avec des freins défectueux restent ainsi aux bornes Vélib' sans être réparés. L'association de cycliste Paris en Selle estime qu'un quart des vélos en station ne sont pas utilisables.

"Sans doute que Smovengo les laisse en station pour remplir des obligations contractuelles", estime sur BFM Paris Jean-Sébastien Catier, le vice-président de l'association.

Retirer les vélos cassés, éloignerait l'opérateur de l'objectif de 20.000 vélos en circulation contre un peu plus de 10.000 officiellement en ce moment. 

Ravitailler les pièces détachées depuis Amazon?

Pourquoi tant de casse? Smovengo serait confronté à la fragilité de son vélo qui ne tiendrait pas la route avec l'augmentation du nombre de courses. Face à ces besoins de réparations, la maintenance n'arriverait pas non plus à suivre du fait d'un défaut de personnel et de pièces détachées manquantes.

Une source interne nous confirme "l'absence de gros fournisseurs pour les pièces détachées" et l'idée évoquée de devoir aller se ravitailler "sur Amazon ou Décathlon". Contacté par BFM Paris, les responsables de Smovengo n'ont pas souhaité s'exprimer. Auprès de France 3, l'opérateur affirme toutefois que ses approvisionnements proviennent "exclusivement de Smoove, et non d'Amazon" mais confirme devoir "supporter des délais extrêmement longs et ce quelle que soit l'origine du fournisseur, même pour des éléments basiques comme des pneus". 

Du côté des cyclistes, l'association Paris en Selle réclame "plus de transparence".

"Il faut que la puissance publique, la mairie de Paris, le syndicat Vélib' mettent la pression et suivent de plus près le prestataire", appuie Jean-Sébastien Catier.

Le syndicat assure à France 3 suivre "chaque jour ce qu'il se passe sur le terrain afin que des améliorations concrètes soient réalisées très rapidement". Des recrutements seraient en cours pour renforcer les équipes de maintenance. Smovengo a prévu de mettre en place d'ici l'été 6.000 vélos supplémentaires. 

Carole Blanchard avec Raphaël Maillochon