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Uber va créer un fonds pour les chauffeurs en difficulté

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- - Geoffroy Van der Hasselt - AFP

La plateforme de VTC a annoncé la création d'un fonds de 2 millions d'euros. Il servira à aider les chauffeurs en difficulté. Une annonce qui ne satisfait pas les chauffeurs.

Uber, en conflit avec des chauffeurs, a annoncé la création d'un "fonds de soutien" de 2 millions d'euros pour les "partenaires chauffeurs en difficulté", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la plateforme de VTC.

Uber n'a pas précisé pour le moment la façon dont ce fonds sera géré et les conditions dans lesquelles les aides seront attribuées. La filiale française du géant américain n'a pas non plus indiqué si elle allait augmenter ses tarifs ou diminuer sa commission comme le réclament les chauffeurs.

Une nouvelle réunion entre plateformes et chauffeurs a débuté ce mardi vers 14h30 au secrétariat d'État aux Transports, pour tenter de trouver une issue au conflit, et s'est terminée vers 15h. Cette réunion faisait suite à deux autres séances de discussions, suspendues lundi soir.

"C'est un effet d'annonce, une tentative pour nous endormir et parvenir à leurs fins, c'est-à-dire ne rien donner", a estimé Jean-Claude Resnier de VTC de France, en quittant le secrétariat d'État aux Transports, où se tenait la réunion. "Ce n'est pas une entreprise américaine qui doit imposer un état de fait dans un état de droit", a-t-il ajouté. "On a demandé une chose, ils ont refusé", a déploré un porte-parole de l'association Capa-VTC qui a appelé les chauffeurs à "se déconnecter d'Uber", à l'instar de la plupart des associations qui les représentent et participaient aux discussions. 

Se déconnecter d'Uber

Jean-Luc Albert (Actif-VTC) s'est déclaré "déçu par tout ce mépris", déplorant l'annonce d'un "fonds sans aucune explication, ni sur les modalités, ni sur les critères de répartition de ce fonds". "S'ils veulent le bras de fer, ils vont l'avoir", a déclaré Fabien Tosolini (CFDT-Transports), appelant lui aussi les chauffeurs à se déconnecter d'Uber mais aussi de l'ensemble des plateformes internet de mise en relation des chauffeurs avec les clients. "Uber doit quitter la France", a lancé un chauffeur, présent avec une quinzaine de ses homologues devant le secrétariat d'État.

Le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, avait demandé lundi à la plateforme américaine, pionnière et très majoritaire sur le marché, de "geler temporairement l'augmentation de sa commission, récemment passée de 20 à 25%", pour apaiser les tensions et mener des négociations avec les chauffeurs sous l'égide d'un médiateur nommé par le gouvernement. Ce mardi, il a déploré "vivement" le refus d'Uber de geler la hausse.

À l'exception du Cab, d'autres plateformes - Allocab, Chauffeur-privé, Marcel et Snapcar - réunies au sein de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR) n'étaient pas présentes pour ne "pas interférer dans les discussions qui opposent Uber (aux) chauffeurs", selon Yves Weisselberger, président de la FFTPR. Les syndicats et associations de chauffeurs VTC (voiture de transport avec chauffeur) dénoncent des conditions de travail "indignes" avec un prix minimum de la course descendu à six euros (contre huit initialement, ndlr). Ils ont entamé la semaine dernière un mouvement social, émaillé de violences, et menacé d'appeler à une nouvelle mobilisation dès mercredi.

D. L. avec AFP