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Uber pourrait s'introduire en Bourse d'ici moins de trois ans

La position de Dara Khosrowshahi peut toutefois évoluer

La position de Dara Khosrowshahi peut toutefois évoluer - Drew Angerer - AFP

Selon le Wall Street Journal, le nouveau patron du groupe, Dara Khosrowshahi, a évoqué un délai de 18 à 36 mois pour entrer sur la cote, sans considérer qu'il s'agissait d'une date définitive.

À peine officiellement arrivé aux manettes d'Uber, Dara Khosrowshahi imprime sa patte. L'ex-patron d'Expedia songe ainsi introduire le groupe en Bourse, ce que son prédécesseur Travis Kalanick avait toujours refusé, selon le Wall Street Journal.

"Dara Khosrowshahi a fixé un délai de 18 à 36 mois pour une entrée en Bourse, tout en indiquant qu'il ne s'agissait pas d'une date limite ferme", écrit le quotidien économique, citant une source présente à la rencontre entre le nouveau patron et les salariés du groupe basé à San Francisco.

Contacté à propos de ces déclarations, Uber n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

Le naufrage de Travis Kalanick

Une photo diffusée sur Twitter par l'administratrice Arianna Huffington la montre à la réunion aux côtés de l'ancien patron Travis Kalanick et de Dara Khosrowshahi, vêtu d'un t-shirt siglé Uber.

Une possible entrée en Bourse de la plus grosse start-up non cotée du monde a toujours été source de spéculations. Mais lorsque le fondateur et ex-PDG du groupe Travis Kalanick était interrogé sur un calendrier, il répondait souvent "le plus tard possible".

Considéré comme responsable des nombreuses controverses ternissant l'image du groupe, qui accumule aussi les pertes financières, Travis Kalanick a été poussé à la démission fin juin par des actionnaires puissants.

L'un de ces actionnaires, Benchmark Capital Partners, a d'ailleurs déposé plainte contre lui, l'accusant d'avoir voulu manipuler la direction pour revenir à son poste.

Uber, une start-up à 70 milliards de dollars

Selon la presse, l'ancien PDG a néanmoins marqué un point mercredi, après qu'un juge eut renvoyé le conflit vers un arbitrage privé, plutôt que d'engager un procès.

Son successeur nommé mardi soir aura fort à faire pour redorer le blason d'Uber et permettre une entrée en Bourse dans de bonnes conditions. Il devra notamment affronter plusieurs enquêtes judiciaires sur des soupçons de corruption ou d'utilisation d'un logiciel illégal.

Établie sur la base des levées de fonds auprès des investisseurs, la valorisation d'Uber est d'environ 70 milliards de dollars. Mais, selon la presse, quatre sociétés d'investissement ont récemment revu à la baisse la valeur de leur participation, réduisant la valeur théorique d'Uber.

Uber est aussi poursuivi par une filiale de Google, Waymo, spécialisée dans les voitures autonomes, qui l'accuse de vol de technologies.

Le groupe s'est en outre mis à dos les taxis qui voient en lui leur mort programmée, les régulateurs de nombreux pays qui cherchent à lui faire barrage et même ses propres chauffeurs, qui réclament de meilleures rémunérations ou un statut plus protecteur.

J.M. avec AFP