BFM Business

Uber pourrait proposer un chiffre d'affaires garanti à ses chauffeurs

Les modalités de ce chiffre d'affaires garanti ne sont pas encore totalement arrêtées.

Les modalités de ce chiffre d'affaires garanti ne sont pas encore totalement arrêtées. - Lionel Bonaventure - AFP

Le groupe américain pourrait proposer aux chauffeurs VTC de leur garantir un minimum d'activité de 4.200 euros par mois pour ceux qui se connectent 50 heures au moins à sa plateforme.

Uber avait promis, le 1er février dernier, un "effort considérable" pour ses chauffeurs. Mais le groupe californien n'avait pas révélé la nature de son geste.

Selon des sources concordantes, Uber pourrait finalement garantir un certain niveau de chiffre d'affaires aux chauffeurs VTC en difficulté. Cette proposition sera discutée mardi lors d'une nouvelle réunion entre les deux parties sous l'égide du médiateur nommé par le gouvernement, Jacques Rapoport.

Uber et les chauffeurs négocient bien "l'idée d'un chiffre d'affaires garanti" mais les détails de cette mesure sont "encore en discussions", a en effet indiqué un porte-parole d'Uber à l'AFP.

4.200 euros de chiffre d'affaires garanti?

Au-delà d'un certain nombre d'heures de travail, Uber pourrait ainsi verser un complément de revenus aux chauffeurs qui n'auraient pas atteint ce chiffre d'affaires garanti.

Les détails chiffrés de cette proposition seront donc discutés mardi lors d'une nouvelle réunion qui se tiendra à 14h30 au ministère de l'Environnement à Paris, a indiqué à l'AFP le médiateur et le syndicat Unsa-VTC. Sur leur site internet, Les Echos évoquent un chiffre d'affaires garanti de 4.200 euros par mois à partir de 50 heures de connexion sur la plate-forme Uber.

Uber n'a pas souhaité confirmer ces chiffres, tandis que selon la CFDT, ils n'ont pas été évoqués par Uber lors des séances plénières programmées la semaine dernière.

"Les miettes de pain" de Uber

Lors de la dernière réunion, Uber avait proposé "un dispositif financier, technique et humain d'envergure pour accompagner les chauffeurs en difficulté à améliorer leur rentabilité".

La société propose aussi d'aider sur le long terme les chauffeurs à mieux maîtriser leurs charges.

Interrogé sur les chiffres avancés par Les Echos, Sayah Baaroun de l'Unsa SCP-VTC a ironisé sur les "miettes de pain" que voudrait donner Uber aux chauffeurs.

"Vous voulez qu'on fasse quoi avec 4.200 euros? C'est déjà ce qu'il y a maintenant" et ça ne permet pas de vivre correctement, selon lui, une fois payés la location de la voiture, le carburant, le comptable, les assurances, etc. "Ce qu'on leur demande, c'est de lâcher (du lest sur) leur politique tarifaire", a-t-il ajouté auprès de l'AFP.

Après le tollé provoqué par la baisse des tarifs des courses en octobre 2015, Uber les a augmentés en décembre dernier, mais a relevé dans le même temps sa commission à 25%, contre 20% auparavant.

J.M. avec AFP